AZF: relaxe générale, le parquet fait appel

Le 20 novembre 2009 par Victor Roux-Goeken
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Le parquet a annoncé ce matin qu’il faisait appel du jugement de relaxe générale prononcé par le tribunal correctionnel de Toulouse dans le procès de l'explosion de l'usine AZF. Ouvert le 23 février dernier à Toulouse (1), le procès de la catastrophe industrielle du 21 septembre 2001 –31 morts, des milliers de blessés, près de 30.000 logements endommagés–, s’est achevé hier.

Tout en dénonçant des fautes organisationnelles au sein de l’usine, le tribunal correctionnel de Toulouse a donc ordonné la relaxe au bénéfice du doute des prévenus: l’ancien directeur de l’usine Serge Biechlin et Grande Paroisse, filiale de Total. Il a mis hors de cause le groupe Total et son ancien directeur général Thierry Desmarest et jugé irrecevable la citation directe qui les visait.

La comparution de ces deux personnes avait été décidée par le tribunal correctionnel à la demande du parquet trois jours après le début du procès (2), alors qu’elles n’avaient pas été poursuivies pendant l’instruction.

Le verdit du tribunal correctionnel a suscité la colère des familles des victimes, et l’incompréhension du syndicat CGT. Dans un communiqué, il estime «surprenante» la conclusion du tribunal, alors que son président a accusé Total dans les attendus du jugements «de fautes organisationnelles, de manquement à ses obligations en matière de sécurité dans le cadre du classement Seveso 2 seuil haut, de tromperie de la part des experts de Total sur les essais en laboratoire (quantités de produits insuffisantes pour reproduire l’explosion) et d’impossibilité de l’exploitant à justifier son incapacité de maîtrise des risques.»

En juin dernier, le parquet avait réclamé trois ans de prison avec sursis contre Serge Biechlin et 225.000 euros contre la société Grande Paroisse (3), invoquant «un dysfonctionnement grave dans la gestion des déchets, le recours à la sous-traitance (...) et le croisement de produits incompatibles».

Pour l’accusation, l’explosion était due au déversement accidentel de dichloro isocyanurate (DCCNa) sur du nitrate d’ammonium dans le hangar 221 de l’usine. Une thèse qui ne faisait pas l’unanimité, y compris au sein des quelque 3.000 parties civiles: les représentants des anciens salariés regroupés au sein du collectif «Mémoire et Solidarité» avaient indiqué ne pas croire à l’accident chimique, et réclamé «un supplément d'information».

(1) Dans le JDLE «AZF: ouverture d’un procès historique»
(2) Dans le JDLE «AZF: Total et son ancien directeur général au rang des prévenus»
(3) Dans le JDLE «Procès AZF: l’accusation ne réclame pas la condamnation de Total»


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