AZF: les impacts sanitaires

Le 21 septembre 2006 par Agnes Ginestet
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Ce 21 septembre marque le cinquième anniversaire de la catastrophe d’AZF. et l’Institut de veille sanitaire (InVS) publie une synthèse des études menées sur les conséquences sanitaires de l’explosion.

Dès le lendemain de l’accident, un dispositif complet d’évaluation des risques et des conséquences sanitaires a été mis en place par l’InVS. 2.121 élèves, 13.764 sauveteurs et travailleurs de l’agglomération toulousaine et 1.191 adultes résidant à Toulouse ont participé aux enquêtes. 3000 travailleurs et sauveteurs volontaires font encore l’objet d’un suivi pour 5 ans.

Selon la synthèse de l’InVS, l’explosion a généré l’émission de polluants dans l’air, l’eau et les sols. Une recrudescence des symptômes du type de ceux qui sont produits par les émissions toxiques d’ammoniac et de chlore (irritation oculaire et des voies respiratoires) a été détectée, l’impact n’ayant pas dépassé 6 semaines. Les risques sanitaires liés à une ingestion de polluants contenus dans les sols ou à la consommation d’eau potable ont été écartés.

L’explosion a causé la mort de 30 personnes, et plus de 2.500 blessés ont été enregistrés. Mais les enquêtes ont montré que le nombre de traumatismes physiques est bien plus élevé. Un élève sur 5, un habitant sur 10, et 15% des travailleurs présents dans la zone proche de l’explosion ont déclaré avoir été blessés. Environ 7% des habitants de la zone proche présentaient toujours des troubles auditifs 18 mois après l’accident. 68% des salariés EDF qui se trouvaient à 1,7 kilomètre du site ont eu une perte auditive de 10 décibels ou plus, à certaines fréquences. Dans les 5 jours qui ont suivi l’explosion, trois fois plus d’infarctus du myocarde ont été enregistrés par rapport à des périodes de référence antérieures, sans doute à cause du stress.

Les conséquences psychologiques ont également été importantes. Environ 5.600 personnes ont consulté durant les semaines qui ont suivi l’accident pour des symptômes apparentés à un stress aigu. 21% des résidants proches du site ont déclaré avoir pris un traitement psychotrope du fait de l’explosion. Le comportement d’élèves de 6e présents dans la zone proche a été modifié. Certains étaient plus craintifs ou avaient plus de problèmes d’endormissement qu’avant l’explosion. 21% ont présenté des symptômes dépressifs.

De nombreuses personnes très exposées lors de l’accident -elles étaient présentes à proximité du site, ont été blessées ou encore leur logement était inutilisable- ont déclaré souffrir de symptômes de stress post-traumatique (SPT): cauchemars, réactions d’évitement de tout ce qui peut rappeler l’événement....

En conclusion, l’InVS a émis des propositions dans le cas où une catastrophe similaire viendrait à se produire. Il préconise la mise en place d’un dépistage des atteintes auditives qui peuvent passer inaperçues et une prise en charge prolongée des conséquences psychologiques. Il insiste sur la nécessité d’une prévention primaire en maîtrisant l’urbanisation autour des sites industriels. Car les populations économiquement défavorisées sont celles qui «paient le plus lourd tribut sanitaire si un accident se produit».
Un colloque sur le thème «La surveillance sanitaire après une catastrophe: que nous a appris l’explosion de l’usine AZF?» aura lieu le 20 octobre à Toulouse.


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