AZF: l’heure de la dépollution

Le 29 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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Avec la destruction dimanche 28 novembre de la dernière cheminée de l’ancienne usine AZF, disparaît le dernier témoignage de cette présence industrielle en banlieue de Toulouse. Le sol va désormais être dépollué pour faire place à des bâtiments hospitaliers et un complexe de recherche.

S'il n'y avait pas eu l'explosion du 21 septembre 2001, le cas de la dépollution des terrains de l'usine AZF serait d'une simplicité biblique. Total est un industriel solvable et tout à fait d'accord pour rendre à la collectivité des sols totalement dépollués. Et il n'y a pas de doute sur sa responsabilité: l'usine d'engrais est la seule activité qui ait jamais occupé cet espace depuis 1925.

Les 640 sondages effectués (un tous les 30 mètres) montrent une pollution très ponctuelle sous forme de «pépites» d'hydrocarbures et de métaux lourds divers. On a comptabilisé 19 polluants différents mais le seul imprégnant une surface importante du site est de la famille des composés azotés. Ces nitrites et nitrates ont percolé dans la nappe phréatique si bien que tout pompage sera interdit après la remise en état. Mercure, plomb, arsenic et naphtalène sont les substances que l'on rencontre ensuite le plus fréquemment sur le site.

Les méthodes utilisées vont différer suivant l'utilisation ultérieure de la parcelle. La zone Ouest accueillira ainsi un centre de recherche sur le cancer (le «canceropôle») et un établissement hospitalier tandis que la zone Est deviendra un espace vert. Dans la zone ouest, Total assurera le démantelement des structures restantes et l'excavation les dalles et les structures jusqu'à une profondeur minimale de 50 centimètres. Les poches de mercure seront extraites si leurs concentrations sont supérieures à 840 milligrammes par kilo (mg/kg) et celles d'hydrocarbures seront tolérées jusqu'à 5.000 mg/kg. Pour l'arsenic, la teneur retenue est de 160mg/kg, pour le plomb de 4.900 mg/kg et pour le naphtalène 50 mg/kg. Ces terres seront envoyées dans des installations de traitement autorisées. Les excavations seront remblayées par des matériaux inertes. Les constructions qui viendront occuper ces espaces devront employer des bétons et des ferrailles compatibles avec le risque chimique que présente le terrain. Sur cette partie Ouest, on estime que 20.000 m3 de terres devront être extraits.

Pour la zone Est, la stratégie est sensiblement la même. Mais, comme l'espace ne sera pas construit, des précautions sont prises pour éviter une éventuelle contamination de l'air et des personnes le fréquentant. Ainsi, toute la zone sera couverte de trois strates. La première est constituée de matériaux inertes sur une épaisseur de 10 centimètres. Puis, un dispositif grillagé avertira du caractère pollué des couches inférieures. Enfin, la couche de terre végétale fera 20 centimètres d'épaisseur. Les végétaux plantés sur l'espace seront soumis à une surveillance spécifique. Sur cette zone, il faudra traiter 15.000 m3 de terres polluées.

L'arrêté préfectoral de dépollution devrait être publié dans les prochains jours, le comité départemental d'hygiène ayant donné son avis favorable le 28 octobre dernier. Total a entre 12 et 18 mois pour dépolluer le site. Les travaux de construction du canceropôle pourront alors débuter. Le nouvel espace vert ne sera ouvert au public que dans cinq ans, quand tout risque sanitaire sera écarté.


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