AZF: Du pôle chimique au pôle cancer

Le 21 septembre 2006 par Agnes Ginestet
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Cinq ans après l’explosion de l’usine, le site d’Azote Fertilisants (AZF) à Toulouse est progressivement dépollué pour pouvoir accueillir hôpital, laboratoires de recherche et espaces verts. Le défi est de taille, compte tenu des risques environnementaux.

«Nous pensons que le cancéropôle n’aurait jamais dû être construit à cet endroit-là», dénonce Rose Frayssinet, vice-présidente de l’association environnementale les Amis de la Terre Midi-Pyrénées. Depuis la catastrophe du 21 septembre 2001, l’ancien pôle chimique de Langlade a subi des modifications importantes. L’objectif final étant la construction d’un vaste campus de 220 hectares dédié à la lutte contre le cancer, qui doit voir le jour sur deux grands terrains: celui de Grande Paroisse, la société du groupe Total qui exploitait l’usine AZF, et celui de Braqueville, propriété du ministère chargé de la défense. L’ensemble du site jouxte la Garonne et la rocade toulousaine. Une usine classée Seveso de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) est aussi présente à proximité.

«Le projet d’aménagement du site a tenu compte de la pollution historique et des contraintes actuelles d’inondabilité», affirme la communauté d’agglomération du Grand Toulouse.
Le terrain Grande Paroisse contient des nitrates, des hydrocarbures et des métaux lourds. Le groupe Total a fini de dépolluer la zone ouest au mois de mai, ce qui a permis début septembre de commencer la construction des premiers bâtiments appartenant au cancéropôle, dont le centre de recherche des laboratoires Pierre Fabre. La zone est, elle, accueillera des espaces verts.

«Aujourd’hui, il n’y a pas de substances très toxiques et dangereuses sur le site. Il reste des produits azotés dans le sol mais d’après les études menées, les quantités sont infimes et ne constituent pas un risque pour la santé », indique Christine Dachicourt-Cossart de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) Midi-Pyrénées. Mais les Amis de la Terre dénoncent une pollution irrémédiable des nappes phréatiques, qui ne sera jamais traitée.

Deux arrêtés préfectoraux de 2004 et 2006 ont permis de fixer les seuils concernant les teneurs en polluants ainsi que les modalités de traitement des terres. «Nous sommes contre ces arrêtés. D’un chantier à l’autre, ce ne sont de toute façon jamais les mêmes seuils qui sont fixés», confie Rose Frayssinet.

Le terrain de Braqueville abrite une ancienne poudrerie bombardée en 1944. «Le début de la dépollution pyrotechnique est prévu pour début octobre et doit durer 13 mois. La présence éventuelle de pollution chimique sera également vérifiée» explique le Grand Toulouse. La Direction générale des armées (DGA) accuse 8 mois de retard au niveau de la dépollution.

Près du site du cancéropôle, elle possède aussi des ballastières, étangs artificiels créés durant la première guerre mondiale pour stocker de la poudre à obus. Des quantités importantes de nitrocellulose, substance qui devient explosive à l’état sec, y sont présentes. Les dates de dépollution ne sont pas encore fixées, mais ce pourrait être pendant ou après la construction de l’hôpital. Celle-ci est prévue pour fin 2008-début 2009, une fois que la parcelle du terrain de la DGA sera dépolluée. Des études sont menées pour déterminer quelle quantité de nitrocellulose doit être éliminée et quel mode de traitement doit être appliqué. «Le cahier des charges de la dépollution des ballastières contient bien sûr les exigences liées à la présence de l’hôpital en projet» précise le Grand Toulouse.

Concernant la SNPE voisine du site, qui fabrique des carburants de propulsion, des mesures ont été prises pour diminuer les risques chimiques, notamment en limitant le stockage de chlore. Selon la Drire, le cancéropôle est hors de portée des risques technologiques liés à ce site. Mais les Amis de la Terre restent inquiets. Pour eux, les périmètres de dangers toxiques débordent du site de la SNPE.

Ce grand projet de cancéropôle a été initié par Philippe Douste-Blazy, actuel président du Grand Toulouse et ministre chargé de la santé en 2004-2005. Il s’inscrit dans le cadre du plan cancer 2003-2007 et le Grand Toulouse vise ainsi à une réappropriation de l’ancien site chimique par les Toulousains et ce, quelques années seulement après la catastrophe qui les a profondément marqués.


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