AZF: 10 ans après, les traumatismes sont toujours là

Le 20 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Les milliers de personnes blessées par l'explosion de l'usine AZF, survenue le 21 septembre 2001, consomment encore, des années après, beaucoup plus d'antidépresseurs que le reste des Français, ont indiqué dans un communiqué publié lundi 19 septembre, l’Institut national de veille sanitaire (InVS) et la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de Haute-Garonne. «Les résultats de l’étude témoignent de la persistance des troubles après l’explosion, tant au niveau psychologique qu’au niveau auditif

Sur 3.006 victimes faisant partie de la «cohorte santé AZF», ayant accepté de se prêter à un suivi médical, 42% des hommes et 60% des femmes souffraient, en 2007, de symptômes dépressifs, ont rapporté la CPAM de Haute-Garonne et l’InVS devant la presse, deux jours avant le 10e anniversaire d’une des plus grandes catastrophes industrielles en France. Les services de santé ont observé parmi les victimes des proportions élevées de symptômes de stress post-traumatiques, de type anxieux comme des cauchemars ou une hyper irritabilité et des symptômes dépressifs.

La consommation d'anxiolytiques et d'antidépresseurs est, selon le docteur Eloi Diene de l'InVS toujours aujourd'hui «nettement plus haute» chez les victimes d'AZF que pour la moyenne de la population. En France, selon l'Inserm[1], 2 à 3% des hommes et 5 à 10% des femmes souffrent de dépression. D'après la CPAM, «près de 5.000 personnes ont entamé un traitement psychotrope dans les jours ayant suivi l'explosion, alors qu'elles n'en prenaient pas auparavant». Quatre ans après l’explosion, 14% des 3.006 volontaires consommaient encore des anxiolytiques et 10%, des antidépresseurs. La consommation d’antidépresseurs est d’autant plus importante que les victimes étaient proches du lieu de l’explosion.

Les perturbations psychiques ne sont pas les seules manifestations du post-AZF. Toujours en 2007, 31% des hommes et 24% des femmes souffraient d’acouphènes, 26% des hommes et 35% des femmes souffraient d’hyperacousies, des affections définitives.

Depuis septembre 2001, la CPAM de Haute-Garonne a ouvert 11.618 dossiers pour des assurés déclarés comme victimes de la catastrophe industrielle, dont 7.827 pour le risque maladie et 3.791 au titre de l'accident du travail. Les dépenses de soins ou d'indemnités journalières prises en charge par l'assurance maladie représentaient, à la fin de 2009, plus de 34,4 millions d'euros.

Les résultats définitifs de l’évaluation des conséquences à moyen terme de l’explosion, dans le domaine de la santé mentale et des troubles auditifs, seront disponibles en 2012.

Le centre d’examen de santé de la CPAM de Haute-Garonne recommande de renforcer la prise en charge psychologique et l’orientation vers des spécialistes en cas de risques psychiatriques des victimes de la catastrophe.

 


[1]Inserm: Institut national de la santé et de la recherche médicale


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