Ayrault relance la ligne Lyon-Turin

Le 27 août 2013 par Stéphanie Senet
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Le tracé présenté par le ministère de l'écologie
Le tracé présenté par le ministère de l'écologie

Le Premier ministre aurait-il déjà oublié les promesses faites aux écologistes dans la perspective des élections municipales? Jean-Marc Ayrault vient en effet de signer le décret déclarant d’utilité publique les travaux nécessaires à la réalisation de la ligne ferroviaire Lyon-Turin.

Publié le 25 août au Journal officiel, ce texte passe donc outre les nombreuses critiques de ce projet pharaonique, qui nécessite de percer un tunnel de 57 kilomètres de long sous les Alpes et les Préalpes.

Même la Cour des comptes s’est fendue, le 5 novembre dernier, d’un référé pour souligner son manque de gouvernance et son coût exorbitant, qui s’élève à 26,1 milliards d’euros selon la direction générale du Trésor. La construction du tunnel à elle seule revient à 8,5 Md€ (dont 2,9 Md€ financés par l’Italie et 2,2 Md€ par la France). La commission Mobilité 21 a également préconisé son report.

Selon ce nouveau décret, les travaux nécessaires à la réalisation de l’itinéraire d’accès au tunnel franco-italien de la liaison ferroviaire Lyon-Turin entre Colombier-Saugnieu (Rhône) et Chambéry (Savoie), ainsi que des aménagements localisés à Montmélian et Francin, et entre Avressieux et Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), sont pourtant déclarés «d’utilité publique et urgents».

Le texte précise que les expropriations nécessaires devront être réalisées dans un délai de 15 ans à compter du 25 août 2013.

Un tunnel sous une montagne radioactive

Outre des conséquences financières exorbitantes, des chercheurs italiens ont révélé que la montagne sous laquelle le tunnel est censé passer est truffée d’uranium. Situé entre le tunnel de Fréjus et Turin, le Val de Suse est en effet connu comme «la mine uranifère d’Europe». Interrogé par le site Reporterre, Massimo Zucchetti, professeur au Politecnico de Turin, raconte qu’il y a relevé des taux de radioactivité jusqu’à 1.000 fois plus élevés que la radiation naturelle.

Réunis le 30 novembre dernier à Lyon, les opposants au projet –des associations de défense de l’environnement, des agriculteurs et des élus locaux- ont une nouvelle fois dénoncé l’inutilité du projet (notamment censé raccourcir le trajet entre Paris et Milan pour les voyageurs), son coût faramineux et la dévastation prévue de 1.500 hectares, dont 700 ha de terres agricoles.

De son côté, la coordination des opposants au Lyon-Turin a dénoncé, le 25 août, «un mauvais coup pour la démocratie lorsque l’on sait qu’il n’y a jamais eu de débat public sur ce projet, que certains membres de la commission d’enquête sont frappés de conflits d’intérêt [un commissaire-enquêteur s’est révélé être le frère du PDG d’une société de travaux publics concernée par le projet, ndlr], et que les prévisions financières et de trafic ont toutes été démenties depuis plus de 20 ans».

 



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