Aviation: le terminal 4 de Roissy-CDG passe à la concertation

Le 28 janvier 2019 par Marine Jobert
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Un 4ème terminal pour Roissy CDG?
Un 4ème terminal pour Roissy CDG?

Pas de pause pour le trafic aérien parisien: à Roissy se lance la concertation préalable d’un 4e terminal, pour pouvoir accueillir jusqu’à 126 millions de passagers d’ici 2037. Avec d’incertaines réductions des nuisances sonores et atmosphériques.

167 hectares. Deux décennies de travaux. Entre 7 et 9 milliards d’euros de budget. Des boutiques. Des salles d’embarquement. Des parkings. Un système de transport entre terminaux. Un réseau routier dédié. De nouvelles voies de circulation pour les avions. Des accès aux transports en commun. Le terminal 4 de l’aéroport parisien Roisst-Charles de Gaulle vient s’ajouter à la liste des gros chantiers que connaît l’Ile-de-France. L’enjeu est de taille puisqu’1,2% du PIB national est généré sur cette plateforme, qui date de 1945.            

Concertation préalable

Pour ce projet piloté par Aéroport De Paris (ADP) –au bénéfice exclusif d’Air France– une concertation préalable s’ouvre entre le 12 février et le 12 mai. Même si la loi ne lui en faisait pas obligation, la Commission nationale du débat public (CNDP) a été saisie par ADP, qui tente de tisser «un dialogue avec le territoire». Une première étape, entre octobre et décembre 2018, a d’ailleurs permis de «cadrer les thèmes prioritaire à soumettre à la concertation et mieux comprendre les attentes». Sans pour autant susciter un enthousiasme fou, puisqu’avec 372.661 dépliants informatifs distribués, un bus dédié qui a circulé dans 19 communes (sur les 59 concernées), des enveloppes préaffranchies, 60 ‘ambassadeurs’ et un site internet, les contributions n’ont pas été légions[1]. En sont ressortis trois thèmes principaux: les nuisances sonores (28%), l’enjeu environnemental –environnement/climat et pollution/santé– (27%) et le développement socio-économique (25%).            

Hausse du trafic

C’est que, avec une croissance de 40 millions de passagers supplémentaires à l’horizon 2037[2], les riverains sont inquiets. «Les critiques ne s’adressent pas directement au projet de terminal 4. Elles ciblent plus globalement le phénomène de hausse du trafic aérien et ses impacts sur la qualité de l’air et sur le dérèglement climatique, dans un contexte de crise écologique», constate ADP dans son bilan. Il existe aussi une forte attente concernant la transparence et les études préalables. L’accessibilité à et via l’A13, déjà saturée, inquiète fort les riverains.

Taxer pour renouveler

Dans le dossier proposé par ADP, il est notamment question de modulation de la redevance d’atterrissage en fonction du niveau sonore des avions et de la période de la journée. Une somme à laquelle s’ajoute la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA), pour jouer un rôle incitatif en faveur du renouvellement des flottes et de l’utilisation de créneaux de jour, de préférence aux créneaux de soirée ou de nuit. Le sujet de la qualité de l’air, outre les outils réglementaires, est traité par ADP sous l’angle de la certification ISO 50.001 (management de l’énergie). Mais il s’agit aussi d’inciter les compagnies à limiter leur taux de roulage (-10% entre 2007 et 2012), et de leur proposer des branchements électriques (pour leur moteur auxiliaire) et des unités de climatisation mobiles. Enfin, ADP mise sur le taux d’emport et l’amélioration des performances en matière de CO2 pour réduire les émissions, en plus de l’entrée en vigueur du ‘Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation’ (Corsia).

Nuisances croissantes

Autant d’arguments mis à mal à l’automne dernier par l’International Council on Clean Transport (ICCT), qui démontrait que l’intensité carbone des aéronefs variait peu. Un son de cloche que l’on retrouve dans un rapport publié ce 24 janvier par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), l'Agence européenne de l'environnement (AEE) et Eurocontrol. Celui-ci estime que l’amélioration de la technologie, des opérations plus efficaces, de meilleurs aéroports et des mesures axées sur le marché n’ont pas suffi à atténuer les effets croissants du secteur de l’aviation sur l’environnement, le climat et la santé des personnes.

Certes, l’efficacité environnementale de l’aviation continue de s’améliorer et d’ici 2040, on prévoit d’autres améliorations en termes de consommation moyenne de carburant par passager-kilomètre parcouru (-12%) et d’énergie sonore par vol (-24%). Mais d'ici là, les émissions de CO2 et de NOX provenant de l'aviation devraient augmenter d'au moins 21% et 16%, respectivement.

 

 



[1] 90 retours sur le site internet, 154 retours carte T par voie postale, 258 retours carte T issues du bus, 62 participants aux ateliers.

[2] soit un trafic entre 107 et 126 millions de passagers à l’horizon 2037 à Roissy-Charles de Gaulle et entre 620.000 et 660.000 mouvements d’avions, si le taux d’emport moyen passe bien de 124 à 135-170 passagers par mouvement.

 



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