Avec les phtalates, des bébés pressés de voir le monde

Le 27 novembre 2013 par Romain Loury
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Chaque année, on compte 15 millions de bébés prématurés dans le monde.
Chaque année, on compte 15 millions de bébés prématurés dans le monde.
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Les phtalates pourraient en grande partie expliquer la recrudescence de naissances prématurées, première cause de mortalité du nouveau-né dans le monde, selon une étude publiée dans la revue JAMA Pediatrics.

 

On estime à 15 millions le nombre d’enfants qui naîtraient chaque année prématurés (avant 37 semaines de grossesse, contre 39 pour une naissance à terme), ce dont 1,1 million décèderaient au cours des premières semaines. Or ce chiffre ne cesse d’augmenter, phénomène dont les causes demeurent en grande partie inconnues.

Exemple type, les Etats-Unis, où 12,4% des enfants sont nés prématurés en 2004, contre 10,6% en 1989: souvent avancé comme une raison importante, l’enfantement de plus en plus tardif chez les femmes ne serait à l’origine que de 4,5% de cette hausse, selon une récente étude. A l’inverse, 45,5% demeureraient totalement inexpliqués. De quoi soupçonner le rôle de l’environnement sur la prématurité, jusqu’alors quasiment pas étudié.

Une hypothèse pour laquelle Kelly Ferguson, de l’University of Michigan School of Public Health à Ann Arbor, et ses collègues apportent des éléments très convaincants. Menée sur 130 naissances prématurées et 352 contrôles, leur étude, la plus large jamais menée sur un éventuel lien avec les phtalates, suggère un lien très fort avec ces polluants chimiques omniprésents.

Un risque multiplié par près de 4

L’association était particulièrement marquée pour les naissances prématurées survenant de manière spontanée: par opposition à celles «provoquées» pour raisons médicales (protection de la mère et/ou de l’enfant), elles s’accompagnent d’une inflammation intra-utérine qui, selon d’autres études, pourrait bien résulter des phtalates.

Par rapport aux femmes dont le sang contenait le moins de métabolites du DEHP, celles qui en étaient les plus imprégnées avaient 3,69 fois plus de risques d’accouchement prématuré survenant de manière spontanée. Même tendance pour le MBP, avec un risque multiplié par 3,52.

«Du fait que plus de deux tiers des naissances prématurées sont spontanées, la sous-population touchée par ces effets [des phtalates] pourrait être assez large», soulignent les auteurs.

Dans un éditorial, Shanna Swan, de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai de New York, indique qu’il faudrait désormais mener une étude analysant en parallèle les phtalates et les biomarqueurs d’inflammation intra-utérine, puis déterminer s’il existe une corrélation avec les accouchements prématurés spontanés.



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