Avec le changement climatique, des pâturages un peu moins verts

Le 25 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Des scientifiques de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) ont voulu étudier l’impact du changement climatique sur les prairies et les élevages herbagers. L’étude appelée Validate pour «Vulnérabilité des prairies et des élevages au changement climatique et aux événements extrêmes», présentée le 22 juin dernier, conclut à une baisse de productivité des prairies permanentes de moyenne montagne et des prairies temporaires de plaine.

En Europe, le nombre de journées exceptionnellement chaudes a beaucoup augmenté depuis 1950. Dans le sud de l’Europe, les sécheresses se sont renforcées à la fois en fréquence et en intensité. Et cette tendance devrait s’accentuer d’ici la fin du siècle avec des vagues de chaleur 10 fois plus fréquentes qu’actuellement. Toutes les projections indiquent, en général, qu’indépendamment des efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ces aléas climatiques se reproduiront plus souvent que par le passé. En revanche, la fréquence des épisodes de pluies intenses ne devrait pas beaucoup évoluer.

Pour comprendre l’évolution des prairies, les chercheurs de l’Inra ont fait varier les précipitations, les températures ainsi que les concentrations atmosphériques en CO2, selon des modèles climatiques prévus au cours du siècle. Les conséquences pour l’environnement (émissions nettes de GES, recharge des nappes, qualité de l’eau) et pour la biodiversité (diversité floristique, diversité microbienne des sols) des prairies ont également été évaluées.

Dans la première expérience, une prairie permanente de moyenne montagne a été exposée, par transplantation de blocs de prairie depuis la moyenne montagne jusqu'en plaine, au climat moyen projeté pour 2070. Cette expérience a montré une baisse de 20 à 30% de la production annuelle de la prairie et cela même lorsque les niveaux de CO2 sont élevés.

 Une seconde expérience a permis d’observer l’impact des sécheresses et des canicules, avec ou sans acclimatation au réchauffement. Ainsi, en moyenne montagne, les prairies déjà acclimatées ont moins souffert de la sécheresse et de la canicule. En plaine, les variétés semées d’origine méditerranéenne ont été plus résilientes que celles d’origine tempérée.

Enfin, une dernière expérience a été menée au sein de l’Ecotron de Montpellier –il s’agit d’une plate-forme de recherche expérimentale pour étudier le fonctionnement des écosystèmes, des organismes et de la biodiversité, en réponse à des modifications de l’environnement. Cette expérience consistait à exposer une prairie du Massif central à une sécheresse et une canicule expérimentale avec ou sans augmentation du niveau de CO2 atmosphérique. Les résultats ont montré que l’augmentation attendue du CO2 pourrait limiter l’impact des vagues de chaleur et de sécheresse sur les prairies.

Des pistes d’adaptation ont été testées à trois échelles complémentaires: conduite agronomique de la prairie, conduite des troupeaux et adaptation des systèmes d’élevage. Les scientifiques proposent plusieurs pistes d’adaptation, dont la re-conception du système fourrager. Les modèles indiquent en effet une augmentation potentielle de la production au printemps et à l’automne, ce «qui permettrait de faire face à des risques accrus de déficit estival», explique l’Inra.

 

 



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