Avec le bio, moins de malformations génitales

Le 03 mars 2016 par Romain Loury
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Un risque en baisse de 58%
Un risque en baisse de 58%
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Les femmes consommant bio pendant leur grossesse ont moins de risques de donner naissance à un garçon souffrant d’un hypospadias, démontre une grande étude norvégienne publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

L’hypospadias se caractérise par un défaut de fermeture de l’urètre, canal urinaire situé au niveau de la verge. Nécessitant une opération chirurgicale, cette affection, liée à une masculinisation insuffisante de l’appareil génital du petit garçon, surviendrait entre les semaines 8 et 14 de la grossesse.

Avec la cryptorchidie (non-descente des testicules), le cancer des testicules et la mauvaise qualité du sperme, les hypospadias sont l’une des composantes du syndrome de dysgénésie testiculaire, dont plusieurs études suggèrent une forte augmentation ces dernières décennies. Principaux suspects: les perturbateurs endocriniens.

Plusieurs de ces substances chimiques sont en effet associées à ces affections génitales –et à bien d’autres maladies à composante hormonale, dont le diabète, l’obésité, les cancers du sein et de la prostate. Mais ces études portent le plus souvent sur une imprégnation des individus par les pesticides: les taux sanguin et urinaire de ces substances y sont comparés au risque de développer une maladie.

De rares études sur le type d’alimentation

A ce jour, très peu de travaux se sont attaqués à la question cruciale: une alimentation moins chargée en pesticides, comme celle provenant de l’agriculture biologique, diminue-t-elle ces risques sanitaires?

Mercredi 2 mars, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a annoncé la réouverture du site E-Phy (https://ephy.anses.fr). Cet index des produits phytopharmaceutiques autorisés en France est désormais placé sous l’égide de l’agence, en charge des autorisations de mise sur le marché de ces produits depuis juillet 2015.

En mars 2015, une étude américaine avait révélé que les hommes consommant plus de fruits et légumes chargés en pesticides avaient un sperme de moindre qualité. Mais cette analyse n’avait pas fait la distinction entre bio et conventionnel, seulement entre types de fruits et légumes: exemple, les poivrons, les épinards, les fraises, les pommes et les poires sont, de manière générale, plus contaminés que les petits pois, les haricots, les pamplemousses et les oignons.

Dans leur étude menée sur 35.107 femmes de la cohorte norvégienne MoBa (Mother and Child Cohort Study), Anne Lise Brantsæter, de l’Institut norvégien de santé publique d’Oslo, et ses collègues ont pour leur part analysé le risque d’hypospadias en fonction du type d’alimentation, plus ou moins tourné vers le bio.

Un risque en baisse de 58%

Selon l’analyse des 74 garçons nés atteints d’hypospadias, les mères disant consommer «parfois, souvent ou la plupart du temps» du bio dans au moins l’un des 6 groupes d’aliments étudiés avaient 58% moins de risques que celles n’en consommant «jamais ou rarement».

Une même tendance (-64%) était aussi observée avec le principal groupe d’aliments -les légumes- et avec les produits laitiers (-57%). L’équipe n’a en revanche pas observé de résultat significatif concernant les cryptorchidies, à l’exception d’un léger effet pour les produits laitiers bio, avec une baisse de 35% chez les femmes disant en consommer régulièrement.

Les chercheurs se montrent très prudents quant à leurs résultats, qu’ils appellent à reproduire dans d’autres études. Au-delà du bio et du conventionnel, ils ne disposent de données ni sur le régime alimentaire, notamment en matière nutritionnelle, ni sur les antécédents familiaux d’hypospadias.

Par ailleurs, ils n’ont pas mené d’analyse sanguine ou urinaire, un chaînon manquant de leur étude, qui aurait permis de comparer alimentation (bio ou conventionnelle), imprégnation par les pesticides et risque d’hypospadias.



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