Avec l’interdiction des néonicotinoïdes, le retour d’insecticides délaissés?

Le 28 novembre 2013 par Marine Jobert
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Le taupin des moissons, ennemi du maïsiculteur
Le taupin des moissons, ennemi du maïsiculteur
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Un seul insecticide vous manque et tout est infesté. C’est le cri d’alarme lancé par le syndicat agricole britannique -the National Farmers Union (NFU)- à quelques jours de l’interdiction de trois insecticides suspectés par les autorités sanitaires européennes de provoquer l’effondrement des colonies d’abeilles. Le NFU prévient que ses adhérents risquent de réutiliser des pesticides plus puissants et plus toxiques pour la micro-faune. «Recourir à des insecticides à large spectre pourrait causer des dommages à des insectes bénéfiques comme les araignées et des auxiliaires du sol, qui mangent les scarabées et les pucerons, explique Don Pendergrast, le conseiller plantes du NFU, cité par The Guardian. L’interdiction des néonicotinoïdes va laisser un grand vide. Nous avons anticipé que les agriculteurs allaient appliquer des pyréthrinoïdes une ou deux fois plus que d’habitude sur le colza à l’automne.»

 

Quatre insecticides interdits

Car à compter du 1er décembre 2013, trois néonicotinoïdes (chlothianidine, imidaclopride et thiametoxam) seront interdits d’utilisation dans toute l’Union européenne pour deux ans et à certaines conditions. Il en ira bientôt de même pour le fipronil, qui «pose un risque aigu élevé pour les abeilles lorsqu'il est utilisé en tant que traitement des semences de maïs», selon l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). A compter du 31 décembre 2013, cet insecticide à large spectre, de la famille des phénylpyrazoles, substance active du Regent de BASF, sera aussi temporairement interdit.

 

Le taupin, ennemi du maïs

Chez les maïsiculteurs français, c’est l’alarme. «Il va y avoir de la casse», redoute Céline Duroc, directrice adjointe de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). L’ennemi du semis, c’est le taupin, un coléoptère qui attaque la plante dès le démarrage et peut endommager de 10 à 20% des récoltes dans certaines régions. Or les deux tiers des 3 millions d’hectares plantés en maïs «nécessitent une protection», à coups de traitements de mars à mai avec du thiametoxam, la molécule active du Cruiser. «Des zones entières vont se retrouver sans protection efficace», explique-t-elle au Journal de l’Environnement. L’institut technique de l’organisation professionnelle (Arvalis) conseille les agriculteurs sur les traitements alternatifs. Y a-t-il des risques de se trouver dans des impasses techniques? «Cela va laisser des parts de marché à des produits disponibles, mais que l’on sait moins efficaces.»

 

Des interdictions ciblées

Ces interdictions d’insecticides s’appliquent pour les semences enrobées, les micro-granules (traitement du sol), la pulvérisation (traitement foliaire), y compris les céréales (à l’exception des céréales d’hiver) sur les cultures qu’affectionnent les abeilles. A savoir le colza, le maïs, le tournesol et le coton. Lorsqu’ils sont effectués sous serre ou en plein champ après la floraison, ces traitements restent toutefois autorisés et ce, même pour les cultures qui attirent les abeilles. Enfin, les usages qui restent autorisés ne sont désormais accessibles qu’aux professionnels.

 



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