Avant le boom de l'éolien offshore, l'Allemagne teste son premier parc

Le 01 juin 2010 par Gwénaëlle Deboutte
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Mis en service fin avril, Alpha Ventus, le premier parc offshore allemand fournira de l’électricité à 50 000 ménages et aux chercheurs de précieuses données sur le fonctionnement des éoliennes en mer et leur impact sur l’environnement. Une première étape avant l’installation des futurs parcs en mer du Nord et en mer Baltique.

50 000 foyers alimentés en électricité, 60 MW de puissance, 250 millions d’euros d’investissement… Le tout premier parc éolien offshore allemand, mis en service fin avril, voit déjà grand. Installé en mer du Nord, à 45 km au large de l’île de Borkum, Alpha Ventus – c’est son nom – est le fruit d’un consortium réunissant trois électriciens allemands E.ON, EWE et Vattenfall Europe. Démarré début 2008, sa construction aura nécessité presque deux années.

Ses 12 éoliennes, d’une puissance unitaire de 5 MW, sont plantées à 30 mètres de profondeur et culminent à une centaine de mètres au dessus de la mer. Au cœur de la gigantesque installation, le transformateur, dont la partie supérieure émerge à 20 mètres au dessus de l’eau, rassemble l’énergie produite par les 12 éoliennes au moyen de 4 lignes de 30kV. Une fois au sein du transformateur, l’électricité est convertie en 110 kV, avant d’être acheminée jusqu’à la terre par un câble sous-marin de 66 kilomètres de long. Là, un autre transformateur, celui de Hagermarsch sur la côte, permet l’alimentation sur le réseau allemand.

Par essence aléatoire, car dépendante de la force du vent, cette électricité produite par les éoliennes doit être constamment surveillée, afin de répercuter les fluctuations sur le réseau. « Nous avons la chance qu’au voisinage direct de notre parc éolien se trouve la plateforme de recherche FINO 1, installée en 2003, explique Lutz Wiese, porte-parole chez Vattenfall. Depuis le début, la force du vent (prise à 100, 70 et 50 mètres au dessus de la mer), les températures et de nombreuses données sont mesurées régulièrement. Grâce à ces informations, nous avons pu estimer qu’Alpha Ventus pourrait produire 220 GWh d’électricité par an. Par ailleurs, en mer, le vent souffle de manière plus forte et plus constante qu’à terre. Ainsi, une éolienne offshore peut fonctionner environ 3800 heures pleines par an, contre environ 2200 heures pour les éoliennes à terre ».

Mais au-delà de cette production d’électricité, Alpha Ventus, en tant que pilote, a surtout une vocation de recherche. Le projet RAVE (Research at Alpha Ventus), initiative du ministère de l’environnement allemand, qui le finance à hauteur de 50 millions d’euros, vise à réunir un grand nombre de données, dans des domaines très divers. En tout, il compte une vingtaine de sous-projets et associe de nombreuses universités et sociétés. Côté technique, les projets Rave-Foundations et Rave-Gigawind s’attachent par exemple à étudier les effets du fonctionnement des éoliennes sur leurs fondations et à améliorer les structures de support. Plusieurs projets, comme Rave-REpower, portent pour leur part sur l’optimisation de la technologie et en particulier celle du rotor. Rave-Offshore WMEP se focalise sur la spécificité de l’éolien offshore (rendements énergétiques, influence de la météo, conditions de fonctionnement…), tandis que Rave-Grid Integration cherche à développer des stratégies et des outils pour une meilleure intégration de l’éolien offshore sur le réseau électrique terrestre.

Un important volet de recherche concerne également l’impact de ces grandes éoliennes en mer sur l’environnement. C’est en effet l’une des principales critiques des opposants à l’offshore. Ainsi, les projets Rave-Ecology, Oceanography, Hydro-Sound porteront sur l’impact de leur exploitation et des nuisances sonores sur l’environnement marin. L’humain n’est pas non plus oublié, dans le cadre Rave-Acceptance qui étudie comment les éoliennes seront acceptées par les riverains et les touristes des quatre régions côtières des mers du Nord et Baltique.

Ces données accumulées serviront principalement au futur développement de l’éolien offshore. Si celui-ci ne représente encore qu’une petite part de la production d’électricité allemande, il est amené à croître rapidement, comme l’affirmait Norbert Röttgen, ministre de l’environnement allemand, lors de l’inauguration du parc : « L’utilisation de l’énergie éolienne, et en particulier offshore, jouera un rôle central dans le futur mix énergétique allemand. Notre objectif est d’atteindre une capacité éolienne offshore de 25 000 MW d’ici 2030 ». Et déjà, plusieurs projets prennent forme. Ainsi, le groupe allemand RWE a annoncé la construction d’un parc éolien offshore en mer du Nord à partir de 2011. A plus courte échéance, les 21 éoliennes du parc Baltic 1 de EnBW pourraient démarrer leur production dès 2010. Au total, selon l’Office fédéral allemand pour la navigation maritime et l’hydrographie (BSH), on compte plus d’une vingtaine de projets à venir dans la zone.



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