Aux USA, 9 pêcheries responsables de la moitié des prises accessoires

Le 21 mars 2014 par Stéphanie Senet
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Les prises accessoires sont légion
Les prises accessoires sont légion

A elles seules, 9 pêcheries américaines sont responsables de plus de la moitié des rejets nationaux de poissons et de crustacés, selon une étude publiée ce 21 mars par l’ONG Oceana[1]. Cette pratique représente la première des menaces pesant sur les ressources halieutiques.



[1] Unsolved bycatch problems in US fisheries

 

Alors qu’au niveau mondial, 4 millions de navires de pêche capturent environ 73 milliards de kilogrammes de poissons chaque année, 40% d’entre eux sont rejetés à la mer. Vorace, la pêche connaît aussi une forte concentration, avec 25 pays capturant trois quarts des prises annuelles. Enfin, les rejets comportent de nombreuses espèces protégées et menacées. Chaque année, 650.000 baleines, dauphins et phoques sont pris dans ces filets.

 

20% des prises américaines sont rejetées chaque année

A l’échelle des Etats-Unis, environ un cinquième des captures sont rejetées chaque année par les navires de pêche, le plus souvent avant leur entrée au port. Selon une étude basée sur 27 pêcheries, commandée par Oceana et publiée en 2005 dans la revue Fish and Fisheries[1], c’est le cas de 22% des prises. Une étude fédérale, publiée en 2011 par la NOAA[2], l’évalue à 17% des prises. D’où la moyenne de 20% fixée par l’ONG.

«Les prises accessoires sont très diverses. Elles touchent aussi bien des milliers de tortues marines, capturées pendant la pêche aux crevettes, que des millions de morues ou de flétans, rejetés parce qu’ils dépassent les quotas», précise Dominique Cano-Stocco, directeur de campagne d’Oceana.

Quelques plans favorisant une pêche durable (quotas) ont certes été conclus avec des pêcheurs américains, sur le mode du volontariat. Mais ils sont peu nombreux, touchant moins de 20% des pêcheries des Etats-Unis, selon Oceana.

 

Des rejets concentrés autour de 9 pêcheries

Cette nouvelle étude complète le tableau. Elle affirme que plus de la moitié des rejets américains proviennent en réalité de 9 pêcheries seulement[3]. Des groupements opérant au large des côtes de la Californie et de la Floride, ainsi que dans le golfe du Mexique et dans le Nord-est. Ils utilisent les trois techniques de pêche les plus nocives pour les ressources halieutiques, soit le chalut, la palangre et le filet maillant.

Leurs chaluts sont souvent plus grands qu’un terrain de football. Leurs palangres s’étendent sur plus de 80 kilomètres et comportent des milliers d’hameçons. Enfin, leurs filets maillants sont longs de plus de 3 km, précise l’association.

Au large de la Floride, Oceana estime que 66% des prises sont souvent rejetées. 400.000 requins capturés de façon accidentelle ont ainsi été rejetés en mer en 2010.

La Californie atteint aussi des sommets: environ 65% de rejets et 30.000 requins pêchés en trois ans.

Le problème des prises accessoires est sans doute encore plus important. La plupart des pêcheurs ne diffusent en effet aucune information sur leurs prises réelles, ni sur leurs rejets. Et ne sont soumis à aucun contrôle. Oceana demande au gouvernement américain de réglementer la connaissance de ces rejets, pour pouvoir les réduire et mieux protéger les espèces menacées.

Dans l’UE, l’interdiction des rejets en mer de poissons a été décidée en mai 2013 pour limiter la surpêche, qui touche environ 80% des stocks de poissons en Méditerranée, et 47% des stocks de l’Atlantique du Nord-est. Conclue dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP), elle doit s’appliquer à partir de 2015.



[1] Harrington, Myers, and Rosenberg. Wasted fisheries resources: discarded bycatch in the USA

[2] National oceanic and atmospheric administration (étude basée sur 200 pêcheries)

[3] Etude basée sur les données transmises par le Service national de la pêche maritime

 



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