Aux Philippines, les écologistes et les gardes forestiers sont assassinés

Le 08 octobre 2012 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une manifestation contre les assassinats aux Philippines
Une manifestation contre les assassinats aux Philippines
Kalikasan

La défense des terres et des forêts est une activité à haut risque pour les citoyens philippins. Selon l’ONG Kalikasan, environ 54 militants et 20 gardes forestiers ont été assassinés depuis 2011.

La plupart des victimes sont des opposants à l’extraction minière. «Ils tombent sous les balles des tueurs à la solde des compagnies et des élus corrompus, avec la complicité des policiers locaux», a déclaré à l’AFP Clemente Bautista, coordinateur national de l’association.

Alors que le président Benigno Aquino III, élu en juin 2010, avait promis de faire de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat, un seul suspect a été arrêté en deux ans. Il s’agit d’un agent de sécurité travaillant dans une mine.

«Le gouvernement ne fait rien pour traduire les coupables en justice. Mais nous devons résister aux intimidations. C’est le seul moyen de faire la lumière sur les exactions», affirme Clemente Bautista.

Il faut ajouter à la liste des écologistes assassinés les 20 gardes forestiers qui ont été tués l’an dernier pour avoir lutté contre les coupes illégales et les cultures sur brûlis pratiquées par les agriculteurs (les champs sont défrichés par le feu), selon les chiffres du ministère de l’environnement.

L’interdiction de l’abattage a été décrétée aux Philippines en 2010 alors que le territoire a déjà perdu 90% de ses forêts primitives en raison de l’essor du commerce de bois et de l’urbanisation. L’archipel accueille encore plus de 53.000 espèces dont les deux tiers des espèces animales de la planète, selon l’ONG Conservation International.

 Le secrétaire d’Etat à l’environnement, Ramon Paje, voudrait que la répression des bûcherons illégaux soit conduite par l’armée, plutôt que par les 2.000 gardes forestiers, qui sont mal équipés et mal rémunérés (environ 200 euros par mois).

Selon l’ONG Global Witness, 711 défenseurs des terres et des forêts ont été tués dans le monde au cours des 10 dernières années, dont 106 l’an dernier (voir JDLE).



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus