Aux Etats-Unis, les salmonelles font leur nid

Le 15 juin 2011 par Romain Loury
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Le taux de salmonellose n’a pas diminué aux Etats-Unis depuis les années 1990, et semble même en hausse depuis 2006, selon un rapport annuel des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC, selon l’acronyme anglais).
 
48 millions de personnes malades, 128.000 hospitalisations et 3.000 décès: tel est le bilan des infections alimentaires chaque année aux Etats-Unis, tous pathogènes confondus. Des chiffres élevés, mais qui pourraient être en baisse depuis les années 1990, si l’on en croit le rapport «Vital Signs 2011» publié par le CDC [1].
 
Selon ce document, la plupart des infections alimentaires ont en effet vu leur incidence diminuer depuis la période 1996-1998: -57% pour la shigellose, -52% pour la yersiniose, -38% pour la listériose, -27% pour la campylobactériose. Et même -44% pour les infections par l’E. coli de type O157: une baisse qui pourrait expliquer la chute de 36% des syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) relevée depuis 2006 chez les moins de 5 ans.
 
Des progrès observés pour tous les pathogènes, à l’exception du plus fréquent d’entre eux: les salmonelles. Aucun progrès depuis 1996-1998, et même une hausse de 10% depuis 2006-2008. Parmi les différents types de la bactérie, la Newport a enregistré une hausse de 116% en 14 ans, l’Enteridis une augmentation de 76%.
 
«Les salmonelles peuvent contaminer une gamme étendue d’aliments, et les divers sérotypes touchent différents réservoirs animaux et sources alimentaires, ce qui rend leur contrôle difficile», expliquent les auteurs. Selon le CDC, 29% des cas de salmonelles seraient liés à la volaille, 18% aux œufs, 13% aux fruits et légumes, 12% à la viande de porc.
 
Autre germe en recrudescence, l’agent du choléra (Vibrio cholerae), en hausse de 115% depuis 1996-1998. La maladie demeure toutefois rare, son incidence était de 0,4 cas pour 100.000 personnes en 2010.
 
Parmi les surprises de l’étude, les infections par l’E. coli de type O157 (seul sérotype à être pris en compte par les autorités sanitaires) sont moins fréquentes que celles liées à d’autres types d’E. coli. Leurs incidences respectives sont de 0,9 et 1 cas pour 100.000 personnes.
 
Les autorités sanitaires américaines seraient en passe d’inclure 6 types d’E. coli non-O157 dans la liste des pathogènes à surveiller. Une évolution que de nombreux experts jugent encore plus souhaitable, au vu de l’épidémie d’E. coli O104:H4 qui sévit en Allemagne depuis mai.
 
 
[1] Cette étude a été menée sur le registre national FoodNet, qui recense les infections par 10 types de pathogènes chez 45 millions d’Américains, soit 15% de la population du pays.


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