Aux Etats-Unis, les écarts nutritionnels se creusent

Le 03 septembre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les Etats-Unis mangent un peu mieux
Les Etats-Unis mangent un peu mieux
DR

Les Américains mangent globalement plus équilibré qu’il y a 10 ans, en grande partie du fait d’une réduction des acides gras trans. Mais les écarts se creusent entre riches et pauvres, révèle une grande étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine.

Aux Etats-Unis comme ailleurs, les messages nutritionnels semblent enfin porter leurs fruits. C’est ce que révèle l’équipe de Walter Willett, nutritionniste à la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), dans une étude menée sur 29.124 adultes de la cohorte Nhanes (National Health and Nutrition Examination Survey).

Sur la base de questionnaires sur les habitudes alimentaires, les chercheurs ont calculé pour chaque participant un score mesurant la qualité du régime. Dénommé AHEI-2010 (pour Alternate Healthy Eating Index), cet indice comprend 11 composants, tels que fruits, légumes, boissons sucrées, céréales, viande rouge, oméga-3 et sel. Chacun se voit attribuer une note de 0 à 10, avec un score total allant de 0 pour le régime le moins équilibré, à 110 pour le plus sain.

Une plus grande consommation de sel

Entre 1999 et 2010, le score AHEI-2010 est passé en moyenne de 39,9 à 48,8. Une franche amélioration, même si la qualité globale de l’alimentation demeure faible. Le score pour les fruits a augmenté de 0,7 point, celui pour les céréales de 0,5, celui pour les acides gras polyinsaturés de 0,5 point et celui pour les légumes de 0,4. Celui des boissons sucrées et jus de fruits a quant à lui augmenté de 0,9, ce qui, pour ces produits, signifie une consommation en baisse. Seul bémol, une baisse de 0,5 pour le sodium, indiquant une consommation accrue de sel.

Mais l’amélioration semble surtout liée aux acides gras trans, dont la moindre consommation explique à elle seule la moitié de la hausse du score AHEI-2010. Mauvais d’un point de vue cardiovasculaire, ces acides gras font depuis 2006 l’objet d’une obligation d’étiquetage, et plusieurs entreprises agroalimentaires ont choisi de reformuler leurs produits afin d’en réduire la teneur. La Food and Drug Administration (FDA) souhaite même les interdire purement et simplement, en leur ôtant le statut GRAS («Generally Recognized as Safe») (voir le JDSA).

Les inégalités s’aggravent

La mauvaise nouvelle, c’est que seules les classes les plus favorisées se sont réellement mises à mieux manger. Pour les plus pauvres, le score AHEI-2010 continue à stagner autour de 35,5 points, sans tenir compte des acides gras trans, contre 38,4 points pour les plus riches. Si bien que l’écart entre les deux classes extrêmes s’est creusé: il atteint 7,8 points en 2010, contre 3,9 points en 1999.

C’est donc un semi-échec, les efforts d’éducation nutritionnelle ne touchant pas les classes qui en auraient le plus besoin, celles où l’incidence de maladies chroniques (cancer, obésité, diabète, etc.) est la plus élevée. Plusieurs raisons à cela, selon les chercheurs: les aliments sains demeurent plus chers que la malbouffe, les quartiers défavorisés sont peu dotés en «bons» supermarchés.

Quant à l’aide alimentaire réservée aux plus pauvres, le Snap (Supplemental Nutrition Assistance Program), d’une moyenne de 133 dollars (101 euros) par mois et par personne, elle n’incite en rien ses bénéficiaires à acheter les produits les plus sains. Au contraire, selon d’autres travaux: à niveau socio-économique équivalent, les bénéficiaires du Snap présentent un moindre score AHEI-2010 que ceux qui ne le touchent pas.

L’une des solutions consisterait à cibler le Snap sur les produits les plus sains. Le département américain à l’agriculture (USDA) a mené en 2012 une expérience en ce sens, HIP (Healthy Incentives Pilot), en offrant une réduction de 30 cents pour tout dollar Snap dépensé sur des fruits et légumes. Avec des résultats encourageants: en moyenne, les personnes bénéficiant de cette aide supplémentaire consommaient 25% plus de fruits et légumes qu’avec le seul Snap.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus