Aux Etats-Unis, les biocarburants font fuir les abeilles

Le 30 août 2016 par Romain Loury
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Les abeilles n'en raffolent pas
Les abeilles n'en raffolent pas
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Dans les grandes plaines du nord des Etats-Unis, l’agriculture dédiée aux biocarburants a toujours le vent en poupe. Au détriment des apiculteurs, qui évitent ces cultures peu profitables à leurs abeilles, révèle une étude américaine publiée lundi 29 août dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Décidément, le bilan écologique des biocarburants ne semble pas si vert que cela: en avril, une étude menée par l’association Transport & Environnement pour le compte de la Commission européenne révélait leurs émissions élevées de gaz à effet de serre, souvent bien plus que le diesel. En cause, les changements d’usage des sols que leur culture occasionne, en appauvrissant le sol de son carbone et en incitant, directement ou indirectement, à la déforestation.

Les voici désormais accusés d’un autre fléau écologique: dans les grandes plaines du nord des Etats-Unis (Dakota du Nord, Dakota du Sud), ils pourraient engendrer un recul des pollinisateurs. Entre autres raisons, la raréfaction de leur alimentation (disparition des prairies, assèchement des zones humides, moins de cultures agricoles favorables aux abeilles), mais aussi un recours accru aux pesticides, dont les néonicotinoïdes, abondamment utilisés dans la production de biocarburants.

40% des ruches américaines concernées

L’équipe de Matthew Smart, de l’United States Geological Survey (USGS) à Jamestown (Dakota du Nord), a mené l’expérience pour les abeilles domestiques: chaque année en mai, de nombreux apiculteurs américains, équivalant à environ un million de colonies (40% du stock américain), ont pour habitude de revenir dans ces grandes plaines du Dakota pour y produire du miel. En octobre, ils s’en repartent vers d’autres Etats, afin d’y offrir un service de pollinisation dans les cultures fruitières, telles que l’amande, le melon, la pomme et la cerise.

Or les chercheurs révèlent que ces apiculteurs ont de plus en plus de mal à trouver de la place pour leurs ruches. Entre 2006 et 2014, la culture de biocarburants dans le Dakota du Nord et le Dakota du Sud a en effet grimpé de 1,2 million d’hectares, s’étendant vers le nord et vers l’ouest, zone traditionnelle d’implantation des ruches. L’analyse des choix géographiques de ces apiculteurs confirme qu’ils fuient ces cultures.

A raison: selon d’autres travaux, les abeilles cernées par les champs consacrés aux biocarburants présentent non seulement un grand stress physiologique, mais aussi une mortalité hivernale accrue. Pour les chercheurs, ce conflit entre biocarburants et abeilles provient des subventions publiques versées aux agriculteurs pour se tourner vers les biocarburants, sans regard quant à l’impact écologique local.



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