Aux Etats-Unis, les acides gras trans ne seront bientôt plus GRAS

Le 13 novembre 2013 par Romain Loury
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Les Etats-Unis en avance sur l'Europe.
Les Etats-Unis en avance sur l'Europe.
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Les Etats-Unis s’acheminent vers une interdiction des acides gras trans artificiels, la Food and Drug Administration (FDA) ayant proposé jeudi 7 novembre de ne plus les considérer comme «Generally Recognized As Safe» (GRAS).

Aux Etats-Unis, le combat contre ces acides gras, qui dérivent en premier lieu des huiles partiellement hydrogénées, s’est engagé en 2006, lorsque la FDA a obligé les industriels à en indiquer la quantité sur l’emballage de leurs produits. La mesure a payé: de 4,6 grammes pour un Américain moyen en 2003, la consommation quotidienne est passée à 1 g en 2012, grâce aux efforts de reformulation entrepris par l’industrie, estime la FDA dans un communiqué.

Cette fois-ci, l’agence semble bien résolue à porter le coup de grâce aux acides gras trans: le 7 novembre, elle a lancé une consultation de 60 jours (ouverte jusqu’au 7 janvier 2014), en vue de leur ôter leur statut «GRAS». Ce qui, dans les faits, équivaudrait à une interdiction: considérés comme des «additifs alimentaires», ils ne pourraient plus être introduits dans un aliment donné que sur demande de l’entreprise à la FDA.

Accusés de favoriser les maladies coronariennes, et donc l’infarctus du myocarde, les acides gras trans sont retrouvés dans de nombreux produits transformés, tels que «certains desserts, les popcorns à préparer au four micro-ondes, les pizzas surgelées, la margarine et les crèmes de café», autant de produits où il existe des alternatives aux acides gras trans, indique la FDA. On les trouve aussi à l’état naturel dans la viande, le lait et les produits laitiers –ce contre quoi la FDA ne peut rien.

Selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), réduire la quantité actuelle d’acides gras trans dans le régime américain pourrait épargner à la population pas moins de 20.000 infarctus et 7.000 décès par an, rappelle la FDA.

Pas d’étiquetage obligatoire dans l’UE

Moins avancées sur le sujet, la France et l’UE n’ont pas encore mis en place d’étiquetage obligatoire des acides gras trans. «Néanmoins il est possible d'identifier leur présence par le terme ‘huiles (ou graisses) partiellement hydrogénées’. Dans ce cas, la présence d'acides gras trans fait l'objet d'un étiquetage volontaire par l'industriel», rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) sur son site internet.

Le sujet pourrait toutefois évoluer dans les prochaines années: selon le règlement n°1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, la Commission dispose jusqu’à décembre 2014 pour présenter un rapport sur les acides gras trans. Le document devra proposer des «mesures appropriées» pour en diminuer les apports, «y compris, entre autres, la fourniture d’informations aux consommateurs (…) ou l’imposition de restrictions à leur usage», indique le règlement.

Sans attendre que l’UE se décide, certains pays ont pris une belle avance. Notamment le Danemark, devenu en 2003 le premier pays au monde à restreindre la présence d’acides gras trans dans les aliments: pas plus de 2%. C’est d’ailleurs au-dessus de 2% d’apport énergétique total (EAT) que ces lipides engendreraient un risque accru de maladies cardiovasculaires, a jugé l’Anses en 2005.

 



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