Aux Etats-Unis, le réchauffement ne parle qu’aux convaincus

Le 24 novembre 2014 par Romain Loury
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Tout va très bien, madame la marquise!
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GISS/Nasa

Tout le monde s’accorde à trouver les hivers plus doux. Quant à lier cette situation au réchauffement climatique, cela demeure une question de conviction politique, révèle une étude américaine publiée dans la revue Nature Climate Change.

 

Hommes et femmes, jeunes et vieux, démocrates et républicains… tout le monde sait reconnaître une saison plus chaude que la moyenne. C’est ce que révèlent Aaron McCright, sociologue à l’université d’Etat du Michigan, et ses collègues dans leur étude, qui a porté sur la perception de l’hiver 2012, le quatrième plus chaud enregistré aux Etats-Unis depuis 1895. Mais le consensus s’arrête là.

Après croisement des données météorologiques avec un sondage réalisé par l’Institut Gallup auprès de 1.020 Américains, il s’avère que ressentir un hiver plus doux ne convainc personne du réchauffement climatique en cours… sauf ceux qui y croient déjà.

Dans ce domaine, c’est la conviction préexistante qui prime: pour ceux qui y croient, l’hiver 2012 reflétait bien l’activité humaine; pour les autres, il ne constituait qu’une simple variation aléatoire. Au final, seuls 35% des personnes interrogées estimaient que la douceur de l’hiver 2012 résultait du réchauffement climatique.

Démocrates vs républicains

«Plus les personnes sont conscientes d’un consensus scientifique sur le réchauffement climatique et plus elles croient à cette théorie, plus il y a de chances qu’elles lui attribuent un hiver localement plus chaud, plutôt qu’à une variabilité annuelle. Les démocrates, les personnes de convictions libérales [selon le sens américain du mot, ndlr] et les femmes sont plus nombreux dans ce cas-là que les républicains, les personnes à tendance conservatrice et les hommes», constatent les chercheurs.

Corollaire: les signes du réchauffement ont beau se multiplier, l’adhésion à la théorie du réchauffement climatique reste totalement coupée de l’expérience, et demeure une question avant tout partisane.  «Les climatologues, les hommes politiques et les journalistes ont beaucoup débattu du fait que la survenue d’hivers plus doux ferait évoluer les mentalités. Et que plus de gens seraient exposés, plus il y aurait de convaincus. Cette étude suggère que ce n’est pas le cas», commente Aaron McCright.



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