Aux Etats-Unis, des néonicotinoïdes au robinet

Le 06 avril 2017 par Romain Loury
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Les néonicotinoïdes, pas qu'un problème d'abeilles
Les néonicotinoïdes, pas qu'un problème d'abeilles

On les connaît surtout pour leurs effets sur les pollinisateurs, bien moins pour le reste: selon une étude américaine publiée dans les Environmental Science & Technology Letters, les néonicotinoïdes sont aussi présents dans l’eau du robinet. A ce jour, ces travaux sont les premiers à les y mettre en évidence.

Bien que les néonicotinoïdes soient les insecticides les plus utilisés au monde et qu’ils abondent dans les cours d’eau, leur présence dans l’eau du robinet, et donc l’exposition humaine, demeure peu étudiée. Selon quelques rares données toxicologiques, l’exposition chronique pourrait pourtant avoir, chez les vertébrés, des effets délétères au niveau neurologique.

Or à ce jour, les néonicotinoïdes «ne sont pas concernés par l’action nationale de recherche et de réduction des rejets de substances dangereuses dans les eaux (RSDE), ni pour l’action dédiée aux sites industriels, ni pour l’action dédiée aux stations de traitement des eaux usées», rappelle l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Aucun d’entre eux n’est listé dans la directive-cadre sur l’eau.

Des taux élevés

L’équipe de Gregory LeFevre, de l’université d’Iowa à Iowa City, a recherché trois membres de cette famille (clothianidine, thiamétoxame, imidaclopride) dans l’eau du robinet prélevée dans leur université. Surprise, l’ensemble des 16 échantillons analysés en contenaient, avec un maximum pour la clothianidine -entre 3,89 et 57,3 nanogrammes par litre d’eau, selon les échantillons.

Ce niveau est assez proche des valeurs limites de qualité en vigueur dans l’Union européenne (UE), qui ne sont pas des seuils d’ordre sanitaire: 100 ng par litre d’eau pour chaque produit, 500 ng par litre pour l’ensemble des produits phytosanitaires.

Peu affectés par le traitement de l’eau

A l’exception du thiamétoxame, éliminé à 50%, un traitement classique des eaux ne semble avoir que peu d’effet sur eux. «Du fait de leur omniprésence dans les cours d’eau et de leur persistance dans les systèmes d’approvisionnement, il est probable que les néonicotinoïdes soient présents à travers bien d’autres réseau d’eau potable à travers les Etats-Unis», constatent les chercheurs.

Les auteurs montrent toutefois qu’il est possible de se débarrasser de ces pesticides, hautement solubles dans l’eau, grâce à la filtration par charbon actif granulaire. En laboratoire, cette technique permet l’élimination de 100% de la clothianidine, 94% de l’imidaclopride et 85% du thiamétoxame, montrent-ils.

Après un moratoire partiel mis en place en 2013, l’UE pourrait bientôt interdire définitivement trois néonicotinoïdes (ceux étudiés par les chercheurs de l’Iowa), excepté pour l’utilisation sous serre. Un projet de règlement, qui fait suite aux avis négatifs de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), devrait être soumis au vote des Etats membres en mai.



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