Aux Caraïbes, les coraux proches d’une extinction évitable

Le 02 juillet 2014 par Romain Loury
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Le poisson-perroquet, allié du corail
Le poisson-perroquet, allié du corail
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Les coraux des Caraïbes pourraient bien être voués à une complète disparition d’ici 20 ans, au rythme à laquelle les menaces se sont accumulées ces dernières décennies, révèle l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans une étude publiée mercredi 2 juillet.

La situation n’est guère brillante pour ces récifs coralliens: alors qu’ils couvraient plus de 50% des côtes au début des années 1970, on ne les retrouve plus, 40 ans plus tard, que sur un peu plus de 10% d’entre elles. Un recul si rapide que de nombreuses ONG, les croyant irrémédiablement perdus, ont préféré porter leur attention ailleurs, regrette l’UICN.

Publiée mercredi, leur étude est la plus exhaustive jamais menée sur le sujet: plus de 35.000 surveillances effectuées entre 1969 et 2012, 90 sites répartis dans 38 pays bordant la mer des Caraïbes. Elle confirme le bilan alarmant de ces coraux, mais suggère aussi quelques raisons d’espérer. Car selon l’UICN, les menaces sont avant tout locales, leurs solutions aussi.

L’organisation observe trois grandes périodes dans ce déclin. La première, de 1970 au milieu des années 1980, a vu un déclin massif des coraux, principalement du fait de la maladie de la bande blanche. Egalement connu dans les Océans Pacifique et Indien, ce syndrome aux causes mystérieuses pourrait s’être introduit dans les Caraïbes via le rejet d’eaux de ballast par des bateaux de passage.

Nouveau coup dur à partir de 1983, avec la disparition en masse de l’oursin Diadema antillarum, là aussi par un agent pathogène étranger, très certainement introduit via le canal de Panama. Or cette espèce, se nourrissant de macroalgues, sert de nettoyeur aux coraux. En leur absence, les macroalgues ont pris le dessus sur les coraux, qui peinent à garder leur rang. Autre herbivore important, le poisson-perroquet a été décimé par la surpêche.

La situation se dégrade un peu plus après 1998, non seulement du fait de la surpêche, mais aussi de la pollution des côtes (rejet de déchets et de nitrates agricoles) et de l’explosion du tourisme. De plus en plus fréquentes, les tornades détruisent certes les coraux, mais on remarque qu’ils ne récupèrent que lorsque la faune se porte bien, par exemple en présence du poisson perroquet.

Deux espèces vous manquent, et tout est dépeuplé

Au final, c’est la raréfaction de l’oursin Diadema antillarum et du poisson-perroquet qui semble le plus manquer aux coraux. Plus que le réchauffement climatique, souvent présenté comme le principal coupable de l’affaiblissement des coraux, mais dont l’effet demeure pour l’instant marginal, affirme l’UICN.

Ce qui n’empêche que certains de ses effets soient déjà visibles. Par exemple à Puerto Rico, dans les îles au sud de la Floride (les Keys) et aux îles Vierges, où le corail a blanchi suite aux chaleurs extrêmes de 1998, 2005 et 2010.

«La vitesse à laquelle les coraux des Caraïbes ont décliné est vraiment alarmante», estime Carl Gustaf Lundin.  «Mais cette étude apporte aussi des nouvelles  très encourageantes: leur destin n’est pas hors de contrôle, nous pouvons prendre des mesures très concrètes pour les aider à récupérer».

Par exemple en limitant fortement la pêche, en particulier celle du poisson-perroquet. Ce qui est déjà le cas au sanctuaire marin Flower Garden Banks au Texas, aux Bermudes ou sur l’île de Bonaire (Antilles Néerlandaises). Un bon exemple à suivre: aux Bermudes, le corail atteint une couverture de 39%, et il n’a en rien souffert des 4 tornades qui se sont succédé depuis 1984.



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