Auvergne-Rhône-Alpes coupe les vivres à la Criirad

Le 21 novembre 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La Criirad, créée en 1986.
La Criirad, créée en 1986.
DR

L’association lance un appel à dons pour pallier le désengagement de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a, sans préavis, décidé de ne pas renouveler son soutien financier pour 2016.

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) lance un appel à soutien financier. Car son budget, qui oscille autour d’un million d’euros, vient d’être sérieusement amputé: en 2016, la région Auvergne-Rhône-Alpes a décidé, 8 mois après le début de l'exercice 2016, de ne plus financer l’association née en 1986 au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl. Et ce sans explication aucune.

190.000 euros par an pendant trois ans

Depuis 2014, la collectivité versait quelque 190.000 € par an à l’association, dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) établie jusqu’en 2016 et déclinée en trois volets. Le premier (70.000 €) était consacré à la réalisation de projets, comme le suivi radiologique des sites des anciennes mines d’uranium, la contamination des eaux du lac Léman à la Méditerranée ou la façon de mesurer le gaz radon. Le deuxième (50.000 €) permettait de financer du matériel pour le laboratoire de la Criirad, quand le troisième (70.000 €) permettait de financer le réseau de 8 balises qui surveillent la qualité radiologique de l’eau et de l’air dans la vallée du Rhône, d’Avignon jusqu’aux abords de la centrale de Saint-Alban. «C’est un peu le cœur historique de notre activité, qui permet de détecter s’il y a des élévations anormales de la radioactivité et d'identifier les radionucléides sous forme de particules ou de gaz pour faciliter la recherche de leur source», détaille Yves Girardot. 

Désengagement brutal

En août, après des mois de tentatives infructueuses pour décrocher un rendez-vous, la décision tombe: aucun financement ne sera accordé pour le volet 2016 de la convention. La Région a fait jouer une clause prévue par une convention parallèle à la CPO, qui lui permet de se désister de ses engagements financiers, sans pour autant sortir formellement de la CPO. «Ce qui nous a surpris, c’est que quand les collectivités se désengagent, elles avertissent et le font de façon progressive», explique le directeur de la Criirad, qui s’inquiète de ne pouvoir boucler le budget des balises pour cette année déjà bien entamée.

Méli-mélo de compétences

Sans compter que les départements ne sont pas à la fête, qui pataugent encore dans le nouveau périmètre de leurs compétences à la sauce 'loi NOTRe'. «Certains départements nous ont fait savoir qu’ils aimeraient nous aider, mais qu’ils ont du mal à trouver la justification pour le faire.» Des intercommunalités, qui ont la main sur la santé et l’environnement, les soutiennent encore. «Pourtant, la Criirad est précisément à l’articulation de trois domaines de compétence de la Région, à savoir la santé, l’environnement et la gestion des risques technologiques. Or la seule chose que nous a indiquée la Région, c’est que le budget restant serait dédié… à la prévention des risques technologiques, raconte Yves Girardot. On aimerait bien comprendre, pour pouvoir éventuellement s’adapter, la nouvelle politique de la Région en la matière.»

L’environnement en disgrâce

Un coup d’œil du côté du traitement réservé à d’autres associations œuvrant dans le domaine de l’environnement, comme la Frapna ou Graine Rhône-Alpes, renseigne sur le changement de cap insuflé par Laurent Wauquiez, qui a notamment fait voter une subvention de 4,7 millions d'euros pour soutenir le projet de Center Parcs de Roybon et confié la gestion de la biodiversité aux chasseurs. Et la Criirad n’est pas du genre naïf. «On doit faire partie de la liste des associations que Laurent Wauquiez ne voulait plus aider… La préoccupation de la population pour sa santé et son environnement dans une région parmi les plus nucléarisées de France ne font peut-être pas partie des priorités de la nouvelle mandature? Jusqu'ici, en dépit de nos courriers et de nos appels, on n’a jamais voulu ni nous recevoir, ni nous parler», regrette Yves Girardot.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus