Autre temps, autres risques pour les Français

Le 11 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tchernobyl: Les Français estiment qu'on ne leur a pas tout dit.
Tchernobyl: Les Français estiment qu'on ne leur a pas tout dit.

Pour la première fois depuis 2004, le chômage n’est plus classé risque numéro 1 pour les Français.

Comme chaque année à pareille époque, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publie son étude sur la perception par les Français des risques et de la sécurité. Un exercice auquel se livre l’institut dirigé par Jean-Christophe Niel depuis une trentaine d’années.

L’interview des 1.016 personnes interrogées s’étant déroulée quelques jours après les attentats de Paris du 13 novembre, l’édition 2015 place évidemment les actes terroristes en tête des préoccupations sociétales des Français. Pour la première fois depuis 2004, le chômage est ainsi débarqué de son poste d’anxiogène numéro 1. Alors que le nombre de chômeurs atteint des sommets inégalés à cette époque[1], les craintes exprimées par les sondés reculent paradoxalement de 6 points (41%).

Terrorisme et climat

Encore les effets de l’actualité: les changements climatiques sont considérés comme l’un des problèmes les plus préoccupants par près d’un Français sur deux. La proximité de l’ouverture de la COP 21 n’y est sans doute pas étrangère.

De grandes préoccupations environnementales, telles la pollution des eaux, la déforestation ou les dommages liés aux catastrophes naturelles, sombrent dans les oubliettes du sondage. Ce dernier résultat peut surprendre. Car le nombre de catastrophes climatiques tend à s’accroître, ainsi que le montant de leur facture.

Canicule et OGM

L’IRSN interroge les membres de son panel sur leur perception de 34 situations à risque. Sans surprise, 4 personnes sur 5 estiment que les risques terroristes sont élevés, voire très élevés. Plus étonnant: les conséquences possibles de la canicule et de la dissémination des OGM suivent immédiatement après, dans le cortège macabre. A son extrémité, les accidents domestiques et les inondations sont les sujets qui ont le moins inquiété les Français l’an passé.

Un regard plus bienveillant

Une fois n’est pas coutume, les experts ont la cote. Notamment ceux qui dépendent d’institutions publiques. «Face au terrorisme, la population rechercherait davantage la protection de l’Etat et lui accorderait en échange sa confiance. De la même façon, le choc des attentats terroristes entraînerait un regard plus bienveillant sur la communication publique», avancent les rédacteurs de l’étude. Tout dépend évidemment des sujets. Une très large majorité estime qu’on lui cache la vérité sur les conséquences de Tchernobyl et de Fukushima.

Malades, les riverains des centrales?

L’atome reste un sujet de crainte. Dans l’esprit des Français, les centrales nucléaires demeurent les installations industrielles les plus susceptibles de provoquer un accident ou une catastrophe. Près de deux Français sur trois craignent qu’un accident comparable à Fukushima puisse se produire dans l’Hexagone. Tendance nouvelle: l’idée selon laquelle les riverains des centrales seraient en aussi bonne santé que le reste de la population est en recul.

Terminé aussi le consensus sur la rentabilité de l’électronucléaire. La forte baisse des prix du pétrole et le développement des énergies renouvelables font chuter de 5 points l’argument économique (à 18%). Le désamour pour la source d’énergie préférée d’EDF semble s’être installé: l’énergie solaire reste l’énergie plébiscitée par les Français, alors que l’éolien supplante, en 2015, le nucléaire sur les critères économiques.



[1] En moyenne, la France a comptabilisé, au sens donné par le BIT, 2,8 millions de chômeurs en 2015. Du jamais vu depuis 1975.

 



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