Autopartage: «économique, pratique, écologique» mais contraint

Le 22 mars 2013 par Marine Jobert
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Auto'trement, l'autopartage version strasbourgeoise.
Auto'trement, l'autopartage version strasbourgeoise.
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S’affranchir de la voiture individuelle... Si la révolution de l’autopartage est en marche, elle n’a pas encore passé la seconde! Pour cerner les freins et les bienfaits du développement de la location de voiture ponctuelle et en libre-service en milieu urbain, une étude[1] intitulée «L’autopartage: tous les avantages de la voiture, sans les inconvénients» vient de sortir sous l’égide de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les 2.090 «autopartageurs» interrogés (soit des abonnés à 20 services d'autopartage dans toute la France[2]) ont d’abord opté pour ce mode de transport parce qu’il est «économique» (46% des interrogés), «pratique» (45%) et «écologique» (35%). «Il permet de bénéficier de la liberté de mouvement offerte par une voiture sans avoir à assumer les démarches et les frais liés à sa possession», note l’étude. De ces motivations pragmatiques découlent des modifications de comportement manifestes. «Avant», les autopartageurs conduisaient en moyenne 5.246 kilomètres par an. «Après», ils conduisent en moyenne 3.115 km, dont 1.477 km en autopartage. Soit une baisse de 41% pour ceux qui ne possédaient pas de voiture et de 50% pour ceux qui disposaient d’un véhicule. Des kilomètres qui leur coûteraient d’ailleurs beaucoup plus cher s’ils devaient les effectuer avec leur voiture personnelle.

 

Autres vertus de l’autopartage: diminuer le nombre de voitures en circulation (chaque voiture d’autopartage remplacerait 9 voitures personnelles et libèrerait 8 places de stationnement selon l’étude) et, indirectement, décongestionner les axes. Et l’enjeu est de taille: «Les véhicules en recherche de stationnement représentent 5 à 10% du trafic urbain. Au total, le temps passé par les Français à chercher une place de parking est de 70 millions d’heures par an, pour un coût évalué à environ 600 millions d’euros».

 

Les tenants de l’autopartage finissent par adopter, ou plus simplement amplifier, certains modes de déplacement. «Ils utilisent davantage la marche à pied (pour 30% d’entre eux), le vélo (29%), les transports collectifs (25%), le train (24%) et le covoiturage (12%).» Leur regard sur la ville et les mobilités évolue également et «l’acceptabilité des politiques de restriction de la voiture en milieu urbain (péages urbains, zones d’action prioritaires pour l’air, restriction du stationnement...) est meilleure chez les autopartageurs», note l’étude.

 

Alors, les autopartageurs seraient-ils d’ex-automobilistes repentis? Pas vraiment, à en croire l’étude. «Les principaux utilisateurs de l’autopartage sont aujourd’hui des personnes qui ont une préférence pour l’automobile, mais qui sont contraintes à l’utilisation des transports en commun par des politiques de restriction de la voiture en ville.»

 



[1] Réalisée par 6T-Bureau de recherche en partenariat avec France Autopartage et avec le soutien de l’Ademe, dans le cadre du programme interministériel de recherche et d’innovation dans les transports terrestres.

[2] Selon l’AFP, le système d'autopartage de voitures électriques Autolib' à Paris (groupe Bolloré) comptait 47.000 abonnés fin 2012, dont 17.000 à l'année. Dans le reste du pays, une vingtaine de grandes villes sont concernées avec près de 25.000 abonnés à l'année, selon l'Ademe.

 



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