Autolib’: les grandes manœuvres ont commencé

Le 31 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des pertes abyssales.
Des pertes abyssales.
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Le groupe Bolloré réclame 240 millions d’euros de dédommagements aux communes membres du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole.

 

Les modes de déplacement alternatifs ont décidément la poisse à Paris. La capitale, les communes riveraines et les abonnés n’ont de cesse de se plaindre des retards dans le déploiement des nouvelles stations du système de vélo-partage Vélib’. Au dernier pointage, le dispositif devrait, en principe, être pleinement opérationnel avant l’été, accusant 6 bons mois de retard.

300 M€ de déficit ...

Côté auto-partage, c’est un autre problème qui s’annonce. Exploité depuis 2011 par le groupe Bolloré, le service de location de véhicules électriques Autolib’ subit de fortes pertes. Selon Le Monde, le déficit cumulé sur la durée du contrat liant les 97 communes du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) à l’industriel breton pourrait flirter avec les 300 M€.

... dont 60 M€ à la charge de Bolloré

Problème: selon ledit contrat, le groupe dirigé par Vincent Bolloré ne devrait prendre à sa charge que 60 M€ de pertes. Le solde devant être réglé d’ici à 2023 (échéance de la délégation de service public) par les collectivités membres du SAVM. Le montant de la dette étant proportionnel au nombre de stations de véhicules électriques, Paris devrait régler la moitié de la note.

Vendredi dernier, le syndicat intercommunal a reçu un courrier de l’industriel lui enjoignant de lui régler 240 M€ d’ici 2023, pour apurer sa dette. De quoi animer la réunion du comité syndical, qui devait se tenir ce jeudi 31 mai.

Nombreux concurrents

Comment expliquer pareil fiasco? Le nombre et la durée des locations n’ont jamais couvert les coûts de maintenance. De plus, la qualité du service laisse parfois à désirer: la faible rotation des véhicules ne permettant pas toujours de trouver une Blue Car disponible. Ce qui explique sans doute en partie une désaffection régulière du service, observée depuis 2016.

Enfin, collectivités et industriels ne pouvaient sans doute pas imaginer au début de la décennie l’impact sur la location de voitures électriques du covoiturage, de l’autopartage, des scooters électriques en libre-service et des véhicules avec chauffeur (VTC).



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