Autolib’ démarre à Paris

Le 05 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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Autolib’, la nouvelle voiture électrique en libre-service, est disponible dans la région francilienne. Inaugurée aujourd’hui 5 décembre par le maire de Paris Bertrand Delanoë, Vincent Bolloré et Jean-Paul Huchon, elle roule entre espoirs et critiques.

Allemands, Belges, Espagnols, Japonais… Plus de 200 journalistes se sont bousculés pour voir la fameuse Bluecar, lancée officiellement «comme une première mondiale» à la station Châtelet, à deux pas de l’Hôtel de ville.

 
Bertrand Delanoë est venu à pied déclarer que dans une ville moderne, il devait y avoir moins de pollution et plus de facilités pour se déplacer. Il a rappelé le succès du Vélib: «Il y a plus de 4 ans, nous inaugurions le Vélib, qui déclenchait scepticisme et sarcasme. Autolib’ correspond à un engagement que j’avais pris auprès des Parisiens afin de développer la diversité de l’offre de transports». La nouvelle voiture électrique s’inscrit donc dans un panel élargi de multiples solutions. «Je suis d’abord un défenseur des transports en commun, mais on peut varier les modes selon les besoins» a-t-il précisé.
 
Le dispositif, ouvert aujourd’hui au public, comprend 250 Bluecars –de couleur grise- conçues par le groupe Bolloré et réparties dans 250 stations de 46 communes d’Ile-de-France, dont Paris. Comme pour le Vélib’, l’utilisateur peut prendre une voiture dans une station et la laisser dans une autre. L’exemple-type donné par Annick Lepetit, adjointe au maire en charge des transports et présidente du syndicat mixte Autolib’, est celui d’une personne qui va chercher ses parents à la gare. Elle s’y rend en transports en commun et rentre avec eux dans une Bluecar.
 
Plus largement, ce sont tous les utilisateurs de voiture qui sont ciblés par l’opération. «Parmi les 40% de Parisiens encore propriétaires d’une voiture, j’espère que beaucoup comprendront qu’ils peuvent désormais choisir Autolib’ et économiser 5.000 euros par an», a affirmé le maire de Paris. Une Bluecar coûte au minimum 10 € d’abonnement pour 24h et 7 € pour la première demi-heure. L’autonomie des batteries est évaluée à environ 250 kilomètres.
 
Enfin, les défenseurs du projet assurent qu’avec 3.000 véhicules disponibles en juin 2012, le parc francilien actuel pourrait être libéré de 22.500 véhicules et l’air de 300.000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
 
Deux critiques principales sont toutefois apparues dès la présentation de l’opération. Le coût, tout d’abord, qui est jugé trop élevé par plusieurs élus. Chaque commune doit débourser 50.000 € par station tandis que Bolloré assume la prise en charge des dépenses de réparation et d'assurances, à hauteur de 3.000 € par voiture et par an.«Cela représente un investissement lourd, ce n’est pas prioritaire dans notre budget», a déclaré Gérard Lambert, adjoint au maire (PCF) de Champigny (Val-de-Marne). La mairie de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) a également décliné l’offre pour raison financière. D’autres collectivités préfèrent attendre de voir les premiers résultats, comme Montreuil (Seine-Saint-Denis). «On va regarder ce que ça donne mais on n’y croit pas trop, on pense que le nombre de voitures qui stationnent va exploser», a affirmé Fabienne Vansteenkiste, ajointe de Dominique Voynet en charge du déplacement. Annick Lepetit a précisé que Bolloré versera une redevance annuelle de 750 € par station pour l’occupation de l’espace public, ce qui pourrait rembourser l’investissement initial.
 
Deuxième élément de discorde: le caractère écologique d’Autolib’. Si Vincent Bolloré a vanté les mérites de la voiture électrique en déclarant que «tout le monde rêve de villes sans le bruit des automobiles et sans les odeurs des pots d’échappement», plusieurs associations écologistes ne l’entendent pas de la même oreille.
 
Pour les Amis de la terre, «l’opération compromet la nécessaire transition énergétique». «Alors que Vélib’ incitait les Parisiens à changer leurs modes de déplacement, Autolib’ conforte l’usage du véhicule individuel», affirment-ils dans un communiqué. L’association estime que Paris fait fausse route par manque d’analyse de tous les impacts de la Bluecar. La consommation électrique et l’exploitation minière à grande échelle du lithium (nécessaire à la fabrication des batteries) sont particulièrement visées.
 
Enfin, Autolib’ n’est pas la seule solution d’auto-partage disponible en Ile-de-France. Le marché est en train d’exploser avec des offres de location de voitures entre particuliers (Voiturelib’, Buzzcar, etc.) ou de covoiturage. La demande n’est toutefois pas encore au rendez-vous. Selon une étude du groupe Xerfi de novembre 2010, seulement 25.000 personnes en France se déclarent aujourd’hui adeptes de l’auto-partage.


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