Autisme: les pesticides mis en cause

Le 23 juin 2014 par Romain Loury
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Responsable de la hausse de l'autisme?
Responsable de la hausse de l'autisme?

Les femmes vivant à proximité d’une ferme appliquant des pesticides ont plus de risques de donner naissance à un enfant autiste, selon une étude californienne publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP). En particulier si l’exposition a eu lieu lors des deux derniers trimestres de grossesse.

Une pierre de plus pour les pesticides! Après plusieurs perturbateurs endocriniens, dont le bisphénol A, les voici à leur tour accusés de favoriser l’autisme, trouble du comportement infantile qui ne cesse de grimper dans les pays développés. Rien qu’aux Etats-Unis, on estime que 1 enfant sur 68 en est désormais atteint à l’âge de 8 ans, selon des chiffres de 2010, soit 123% de plus qu’en 2002 (voir le JDLE).

Janie Shelton, épidémiologiste à l’université de Californie à Davis, et ses collègues ont analysé la survenue d’autisme en fonction de l’exposition aux pesticides durant la grossesse, selon la distance du plus proche point d’épandage de pesticides. Depuis 1990, la Californie, Etat le plus agricole des Etats-Unis, dispose d’un système d’enregistrement de toutes les utilisations, urbaines ou agricoles, de ces substances.

Selon leurs résultats, portant sur 970 enfants autistes ou non, le risque d’autisme était ainsi accru de 60% à moins de 1,25 km d’un point d’épandage d’organophosphorés, notamment avec le chlorpyriphos. Il était particulièrement marqué lorsque l’exposition avait lieu lors des deuxième et troisième trimestres de grossesse.

Même phénomène avec les pyréthroïdes, mais uniquement lors des trois mois précédant la conception et lors du troisième trimestre. Quant aux carbamates, le fait d’y être exposé à moins de 1,25 km durant la grossesse était lié à une hausse de 125% du risque de retard mental, mais pas de celui d’autisme lui-même.

«Nous devons encore examiner si certains groupes sont plus vulnérables que d’autres [par exemple, en fonction de certains marqueurs génétiques, qui pourraient accroître le risque associé à ces pesticides, ndlr], mais le message est déjà très clair : les femmes enceintes devraient faire très attention à éviter tout contact avec les pesticides», juge Janie Shelton.

En France, la distance de sécurité bientôt à l’Assemblée

En France, un débat est en cours au sujet d’éventuelles distances de sécurité par rapport aux habitations. L’association Générations futures plaide ainsi pour des zones non traitées près des lieux de vie, tels qu’habitations et écoles, objet d’une pétition signée par près de 3.500 personnes. Son objectif: faire inscrire la mesure dans la loi d’avenir pour l’agriculture, examinée à partir de mardi en deuxième lecture à la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale [1].

Jeudi 19, les ministres Stéphane Le Foll (agriculture) et Ségolène Royal (écologie) se sont engagés à proposer un amendement à ce sujet, mais uniquement pour les lieux publics (écoles, crèches, hôpitaux, maisons de retraite). En premier lieu, il s’agira de protéger ces lieux par des haies, des buses anti-dérives, ou en jouant sur les dates et horaires d’utilisation des pesticides.

A défaut de ces dispositifs, une distance minimale, non spécifiée, sera à respecter. En revanche, pas de distance de sécurité prévue pour les habitations, «ce qui concernerait une grande partie  de la surface agricole nationale», estiment les ministres.

[1] Ce projet de loi sera discuté en séance publique les 7 et 8 juillet.



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