Autisme: le rôle de la pollution de l’air mis en doute

Le 05 janvier 2016 par Romain Loury
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L'autisme, en forte augmentation
L'autisme, en forte augmentation
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L’autisme est-il vraiment associé à la pollution atmosphérique? A rebours de plusieurs travaux étatsuniens, une étude européenne publiée dans les Environmental Health Perspectives (EHP) n’a pas retrouvé ce lien, que ce soit pour les oxydes d’azote (NOx) ou les particules fines.

Notamment menées en Californie, des études américaines ont révélé que les enfants les plus exposés in utero à la pollution de l’air étaient plus à risque d’être diagnostiqués autistes durant leur enfance. La faute en revenait soit aux NOx, soit aux particules fines, en particulier celles d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5).

Menée par Mònica Guxens, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL) de Barcelone, et ses collègues, une grande étude européenne remet en cause cette hypothèse. Regroupant quatre grandes cohortes (Suède, Pays-Bas, Italie, Espagne) pour un total de 8.079 enfants, elle montre que ni l’exposition in utero aux NOx, ni celle aux particules PM2,5 ou PM10, n’entraîne de risque significatif.

Des cas différents d’une étude à l’autre

A la différence des études américaines, l’européenne ne porte pas sur des cas d’autisme diagnostiqués par un médecin, mais sur ceux d’enfants présentant des traits autistiques (difficultés sociales, problèmes de communication, comportements répétitifs). La donne pourrait changer pour des formes plus sévères, celles d’enfants déclarés autistes, admettent les chercheurs. D’autant que ces traits autistiques étaient, dans trois des quatre cohortes, uniquement rapportés par les parents, et non par un soignant -une faille importante de l’étude.

Autre possibilité, les études américaines pourraient receler des biais de confusion: par exemple, les enfants résidant dans les zones les plus polluées, souvent de classes défavorisées, ont un moindre accès aux soins aux Etats-Unis qu’en Europe. D’un moindre état de santé général, ils pourraient cumuler d’autres facteurs de risque d’autisme.

Un enfant sur 68 touché aux Etats-Unis

Interrogée par EHP, Mònica Guxens dit «ne pas penser que l’autisme est différent en Europe et aux Etats-Unis. La seule façon de s’assurer de l’effet de la pollution sera de répliquer les études américaines en Europe, en suivant un protocole similaire».

A la différence de l’Europe et de la France, les Etats-Unis disposent, via les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), de chiffres très précis sur la prévalence nationale de l’autisme. S’il est difficile de déterminer la part d’un dépistage désormais plus actif, les tendances sont inquiétantes: de 1 enfant sur 5.000 en 1975, la fréquence est passée à 1 sur 150 en 2002, puis à 1 sur 68 en 2010. Alors que le rôle de la pollution de l’air pourrait de nouveau faire débat, celui des perturbateurs endocriniens fait quant à lui l’objet d’un consensus croissant.



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