Autisme: exploration de la piste environnementale

Le 01 juin 2007 par Bérangère Lepetit
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D’après le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies, on observe une augmentation considérable des cas d’autisme ces dernières années. Les facteurs environnementaux seraient en cause.

Près d'un enfant sur 150 aux Etats-Unis souffrirait actuellement d'autisme selon le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC). Les cas seraient passés outre-Atlantique de 1 cas sur 10.000 enfants au cours des années 1980 à 1 cas sur 166 en 2003. Au regard de ces chiffres, certains crient déjà à «l'épidémie» et y voient le signe d'une dégradation marquée de l'environnement.

Selon Eric Fombonne, ex-chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et actuel titulaire de la chaire de recherche en psychiatrie de l'enfance à l'université McGill de Montréal (1), les chiffres ont été croissants au fil du temps, certes, mais cela s'explique en partie par le fait que les connaissances sur la maladie se précisent. Il y a quelques années, les médecins ne recensaient pas l'ensemble des troubles de type autistique, comme les formes atypiques ou le syndrome d'Asperger (2). Les années 1980 ont vu une véritable révolution dans les concepts, ce qui a élargi le spectre de l'autisme. Cependant, comme l'augmentation des cas d'autisme ne peut être écartée, les recherches actuelles s'orientent vers des pistes jusqu'alors négligées: les causes environnementales.

Les origines de l'autisme sont encore très mal connues. Pendant longtemps, on a même dit que l'autisme était causé par des «mères réfrigérateurs» qui ne donnaient pas à leur enfant assez d'amour et d'attention. Actuellement, les recherches sur le sujet se concentrent sur deux possibilités: l'origine génétique, d'une part, qui a déjà été l'objet d'un certain nombre de recherches et d'autre part, l'autisme déclenché par l'environnement, notamment les vaccins. Le principal suspect est le Thimérosal, un agent de conservation utilisé dans les vaccins contre la diphtérie, le tétanos ou l'hépatite B. Ce produit est fait en grande partie de mercure, un élément réputé pour sa neurotoxicité. Selon cette hypothèse, les autistes auraient été exposés à des doses de mercure bien au-dessus des normales permises pour des enfants en bas âge, ce qui entraînerait des troubles du développement. Ce composé a été depuis retiré de la composition de la plupart des vaccins. Certains chercheurs suspectent également des conservateurs alimentaires, des pesticides, ou d'autres variétés de produits chimiques.

Le Département américain de la santé publique a demandé récemment l'organisation d'une conférence sur les causes environnementales de l'autisme. Lors de ce colloque, qui s'est tenu en mai 2007 à l'Institut américain de médecine (IOM), de nouvelles voix se sont fait entendre. Des chercheurs ont fait part d'avancées notables des recherches sur l'asthme et la schizophrénie où là aussi, des causes environnementales sont envisagées.

Cette conférence pourrait avoir un impact sur les financements que le Congrès américain affecte chaque année à la recherche sur l'autisme, financements qui avaient été réduits pour la première fois l'année dernière. Le montant des fonds pourrait s'élever à 945 millions sur 5 ans. Démêler les différents mécanismes, génétiques et environnementaux, à l'origine de l'autisme s'avère néanmoins délicat. Ces recherches pourront être menées via l'élaboration d'une importante banque de données, construite à partir des résultats de la Danish national birth cohort et l'Autism birth cohort mise en place en 2003 par l'Institut norvégien de la santé publique et l'université de Columbia, ainsi que la toute récente National children's study américaine.

(1) «L'autisme, une épidémie?» Article de l'Inserm daté de mai 2006

(2) Le syndrome d'Asperger est un trouble du développement psycho-affectif ayant des conséquences sur l'interaction sociale, la sensorialité, la communication. Il est souvent révélé par des passions hors-normes dans leur type et leur intensité, relatives par exemple aux sciences et à l'informatique.




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