Autisme et TDAH, un boom silencieux

Le 18 juin 2015 par Romain Loury
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Un enfant autiste sur 68 aux Etats-Unis
Un enfant autiste sur 68 aux Etats-Unis

Plusieurs études l’ont montré: les maladies neurodéveloppementales, dont l’autisme et les troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH), seraient en partie liées aux perturbateurs endocriniens. Bien qu’en forte augmentation, elles figurent parmi les grands oubliés de la recherche épidémiologique française.

D’un enfant sur 5.000 en 1975, la prévalence d’autisme aux Etats-Unis est passée à 1 sur 150 en 2002, 1 sur 88 en 2008 puis 1 sur 68 en 2010, selon des chiffres des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Même tendance pour le TDAH, qui toucherait 10% à 15% des enfants américains.

Pour la France, ce sont «de 3,5% à 5,6%» d’enfants qui seraient atteints de TDAH, a évoqué la présidente de l’association HyperSuper TDAH France, Christie Gétin, lors d’un colloque organisé jeudi 18 juin par le Réseau environnement santé sur les maladies neurodéveloppementales. Mais au-delà de quelques rares études, force est de constater que la France ne dispose pas d’un suivi de ces maladies aussi attentif que les Etats-Unis.

Plusieurs études ont suggéré un lien avec des causes environnementales, notamment la pollution atmosphérique et des perturbateurs endocriniens. Pourtant, les autorités sanitaires, et notamment l’Institut de veille sanitaire (InVS), homologue des CDC d’outre-Atlantique, «sont dans le déni» de cette épidémie en cours, déplore André Cicolella, président du RES.

«L’InVS est très bon sur les maladies infectieuses, mais sur les maladies chroniques [en partie liées aux perturbateurs endocriniens], il a du mal», ajoute-t-il. L’institut, qui selon André Cicolella aurait refusé de venir à ce qu’elle craignait être «une journée à charge», «doit faire son évolution culturelle» sur ces sujets.

Le diagnostic a bon dos

Argument souvent avancé pour expliquer l’augmentation des maladies neurodéveloppementales, les critères diagnostiques auraient fortement évolué ces dernières années, et le corps médical ferait bien plus attention à ces maladies, en diagnostiquant dès lors beaucoup plus. Exit donc l’idée d’une augmentation de ces maladies, et donc de leur origine environnementale.

L’explication est vite balayée par plusieurs intervenants. Parmi leurs contre-arguments, les expériences menées sur des animaux de laboratoire, ou encore les fréquents troubles psychiatriques observés chez les enfants et petits-enfants de femmes ayant pris le médicament Distilbène pendant la grossesse.

Présentée lors du colloque, l’étude menée sur la cohorte bretonne Pelagie montre plus de problèmes d’hyperactivité, d’attention et d’agressivité chez les enfants dont les mères étaient, pendant leur grossesse, les plus exposées à des solvants. Pour André Cicolella, «nous sommes dans une urgence sanitaire, il fait protéger le cerveau des générations futures».

Pour cela, il faut avant tout «modifier notre approche de santé publique», ajoute le député héraultais Jean-Louis Roumégas (EELV), président du groupe environnement-santé de l’Assemblée nationale. «Nous sommes face à une épidémie de maladies chroniques extrêmement grave et qui se développe, sans que l’on ait pris conscience en France des causes environnementales», juge-t-il.



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