Australie: un phénomène naturel aggravé par le réchauffement

Le 06 janvier 2020 par Romain Loury
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L'avenir inquiétant de l'Australie
L'avenir inquiétant de l'Australie
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A l’origine d’incendies gigantesques, la sécheresse australienne trouve son explication dans des oscillations naturelles de la circulation atmosphérique, aux effets aggravés par le réchauffement climatique, indique Météo-France.

Depuis le début des incendies en septembre 2019, l’Australie est à feu et à sang: au moins une vingtaine de morts et des dizaines de disparus, une superficie d’environ deux fois la Belgique partie en fumée dans le sud-est du pays, 480 millions d’animaux tués. Si le bilan est aussi écrasant, rien ne laisse pour l’instant en présager la fin.

Comment expliquer un tel phénomène? Pour Météo-France, c’est avant tout le fait de facteurs ayant trait à la circulation atmosphérique à grande échelle, qui concourent à la formation d’un contexte particulièrement chaud et sec. A ce contexte naturel, s’ajoute le réchauffement climatique, qui accentue la sécheresse et l’élévation des températures.

Sécheresse élevée, forts vents d’ouest

D’une part, l’Indian Ocean Dipole (IOD) a connu une forte anomalie positive fin 2019, résultant en des eaux plus chaudes à l’ouest de l’océan indien (sur les côtes est-africaines), plus froides à l’est (sur le continent australien). Ce qui favorise de fortes pluies à l’ouest, mais des mouvements atmosphériques descendants et une forte sécheresse côté australien.

D’autre part, l’oscillation antarctique (AAO, pour Antarctic Oscillation) connaît à l’inverse une forte anomalie négative, avec de fortes pressions atmosphériques sur l’Antarctique, mais de basses pressions sur le sud de l’Océanie. Ce qui favorise de forts vents d’ouest sur le sud-est australien, aggravant les incendies.

Des antécédents encore plus violents

Contacté par le JDLE, Olivier Proust, prévisionniste à Météo-France, y voit donc le résultat d’«une circulation atmosphérique remarquable, mais naturelle», aux conséquences aggravées par le réchauffement. Un phénomène également à l’œuvre en Californie, qui connaît depuis quelques années des incendies ravageurs en automne.

Si la saison australienne est catastrophique, avec plus de 6 millions d’hectares brûlés à ce jour, le pays a déjà connu pire: en 1974-75, le pays a vu 117 millions d’hectares touchés par le feu. Plus près de nous, le nord du pays avait vu 15 millions d’hectares brûler en 2002.