Australie : les conséquences inattendues des inondations

Le 05 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

 

C’est du jamais vu. Sous l’effet conjugué des plus fortes pluies de mousson qu’ait connues l’est de l’Australie depuis 111 ans, les eaux de 7 rivières de l’île-continent débordent depuis deux semaines. Près d’un million de kilomètres carrés du sud du Queensland sont actuellement sous les eaux. Des inondations qui frappent environ 200.000 personnes. Et de plusieurs manières différentes.

 

Une dizaine de personnes ont été emportées par les flots. A Rockhampton, une cité de 75.000 habitants totalement coupée du reste du pays, les 500 personnes vivant sur les berges de la rivière Fitzroy ont été évacuées. Les autres sont priées de ne pas sortir de leur maison. Et de ne pas mettre un pied dans l’eau.

 

Les crues menacent de faire déborder les ouvrages de collecte d’eaux usées et d’assainissement. Et même si les risques d’épidémie semblent très faibles, la qualité sanitaire des eaux reste médiocre. Le principal risque aquatique vient surtout des… reptiles. Avec la montée des eaux, les serpents sortent de leur refuge, à la recherche de la terre ferme. Par ailleurs, des crocodiles de mer ( Crocodylus porosus), le plus puissant des crocodilidés, commencent à remonter le cours de la rivière. Pouvant dépasser les 6 mètres de long et peser la tonne, ils s’attaquent à toutes sortes de proies : du chien au bœuf, en passant, pourquoi pas, par l’homme.

 

Toujours sous les eaux, les cultures devraient grandement souffrir. D’autant que les pluies doivent redoubler dans les prochains jours. S’il n’est pas perdu, le blé du Queensland sera probablement déclassé en blé de mauvaise qualité meunière, voire en fourrage. Ce qui devrait influer sur les cours mondiaux de la céréale.

 

Même chose pour le charbon. Un tiers des mines de la région sont noyées. La plupart, estiment certains experts, ne pourront pas reprendre leur production avant le début du mois de février. D’autant que les voies ferrées qui relient les gisements au terminal charbonnier de Dalrymple Bay sont actuellement impraticables. Cette pénurie annoncée fait le bonheur des dirigeants des compagnies charbonnières étrangères. Le prix spot du charbon a atteint, en début de semaine, les 300 dollars la tonne (228,42 €/t), ce qui ne s’était pas produit depuis 2008. Depuis le début des crues, les actions du charbonnier américain Consol Energy ont bondi de 16 %.

 

En Europe, ce sont les électriciens qui pourraient souffrir. Outre qu’ils vont payer leur charbon vapeur plus cher, les énergéticiens pourraient voir se renchérir le prix sur les marchés spot des quotas d’émission. En début de semaine, leur cote a légèrement progressé. Les traders retiennent leur souffle.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus