Au Sud, conscience environnementale et niveau de vie vont de pair

Le 01 juillet 2014 par Romain Loury
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Belum-Temenggor sauvée par le peuple?
Belum-Temenggor sauvée par le peuple?
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Avec les progrès économiques, les habitants des pays en développement deviennent plus conscients de l’intérêt à sauver leurs forêts tropicales, bien plus que leurs gouvernements, selon une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Une conscience plus aigue de la biodiversité, mais aussi des dons accrus aux associations: telle est la tendance que l’on observe dès qu’un pays accroît son niveau de vie. Ou du moins lorsqu’il intègre la catégorie des pays à revenu intermédiaire dans la tranche supérieure (UMI, selon l’acronyme anglais).

C’est le constat dressé par Jeffrey Vincent, spécialiste en économie de l’environnement à la Duke University à Durham (Caroline du Nord), et ses collègues. Les chercheurs ont analysé 27 pays UMI -dont le Brésil, le Costa Rica, le Mexique, le Gabon, la Malaisie, le Pérou et la Thaïlande-, comportant à eux seuls près de la moitié des forêts tropicales de la planète. Parmi eux, seuls 9 étaient classés UMI en 1990.

Reprenant divers sondages d’opinion et chiffres de dons aux associations, les chercheurs confirment une évolution favorable avec l’élévation du niveau de vie. Dans les pays UMI, les citoyens sont 27,6% plus nombreux à penser que l’environnement constitue une priorité que dans les pays à revenu faible, 11,6% que ceux des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Des gouvernements à la traîne

L’évolution est moins nette du côté des réponses gouvernementales: les financements consacrés à la protection des forêts s’accroissent certes, comme leur proportion classée en zones protégées, mais dans une bien moindre mesure que les tendances relevées dans la population.

Le même constat s’applique au sein d’un même pays, avec de fortes disparités selon la classe socio-économique. C’est ce qui ressort d’une enquête que les chercheurs ont menée auprès de 1.261 foyers malaisiens, interrogés sur la nécessité de mieux protéger la réserve naturelle de Belum-Temenggor. Créée en 1968, celle-ci ne dispose que d’un tiers de sa surface réellement protégée, le reste demeurant très perméable à l’abattage illégal d’arbres et au braconnage.

«Bien qu’ils n’en reçoivent aucun bénéfice direct les gens sont prêts à payer 6 dollars par mois pour assurer la protection intégrale de Belum-Temenggor. Ce qui revient environ à 437 dollars par an et par hectare, bien plus qu’il n’en faudrait réellement pour protéger cette réserve», conclut Jeffrey Vincent. Voilà qui pourrait inspirer l’Indonésie voisine, grande championne de la déforestation (voir le JDLE).



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