Au Royaume-Uni, un retour des néonicotinoïdes

Le 28 juillet 2015 par Romain Loury
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L'altise du colza
L'altise du colza
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Le Royaume-Uni vient de lever en partie le moratoire européen sur les néonicotinoïdes, arguant d’une menace pour le colza dans certains comtés. Une décision qui scandalise les associations de défense de l’environnement, qui rappelle leur toxicité pour les pollinisateurs.

Sur avis de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), la Commission européenne a promulgué fin 2013 un moratoire de deux ans sur certaines utilisations de trois néonicotinoïdes, à savoir la clothianidine, le thiaméthoxame et l’imidaclopride. Après divers rebondissements parlementaires, la ministre de l’écologie Ségolène Royal s’est engagée en mai à demander son extension à l’ensemble des substances de cette famille.

Comme vis-à-vis des OGM, l’attitude des autorités britanniques diverge fortement de celle des françaises en la matière. Dernier épisode en date, son département de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (Defra) s’est décidé le 22 juillet, afin de lutter contre les altises des crucifères, à réautoriser l’usage du thiamétoxame et de la clothianidine sous forme de graines enrobées.

Demandée par la National Farmers Union (NFU), cette levée de la suspension européenne n’est que très partielle: présentée comme une mesure d’urgence, la dérogation n’est que de 120 jours et ne concerne que la culture du colza dans quatre comtés méridionaux (Suffolk, Cambridgeshire, Bedfordshire et Hertfordshire), les plus touchés par l’altise. Soit 30.000 hectares, ou 5% de la surface agricole britannique consacrée au colza.

Un premier pas pour la NFU

Insuffisante pour la NFU, cette levée partielle de la suspension européenne constitue un premier pas, selon son vice-président Guy Smith: «si nous voulons plaider dans l’avenir pour le retour à une situation où tous les agriculteurs pourront bénéficier de ces produits, avoir le droit de les utiliser sur quelques milliers d’hectares nous aidera à démontrer l’importance qu’ils ont pour chacun de nous».

Pour le chargé de mission abeilles de Friends of the Earth UK, Paul de Zylva, «il est scandaleux que le gouvernement cède à la pression de la NFU et accorde la permission à certains agriculteurs d’utiliser des pesticides interdits, dont la toxicité pour nos précieuses abeilles a été démontrée (…) Ces produits n’ont pas leur place dans nos champs et nos jardins».

Pour les associations, la décision est d’autant plus contestable qu’elle a été prise dans des conditions pour le moins opaques. Outre le fait que les informations fournies par la NFU n’ont pas été rendues publiques, la Defra invoquant des motifs de «confidentialité commerciale», le compte-rendu de la séance au cours de laquelle la décision a été prise n’a toujours pas été publié.



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