Au Royaume-Uni, il y a de l’eau dans le gaz de schiste

Le 04 juillet 2014 par Romain Loury
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Les South Downs, au sud-est de l'Angleterre
Les South Downs, au sud-est de l'Angleterre
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Le British Geological Survey (BGS) et l’Agence britannique de l’environnement (EA) ont publié, jeudi 3 juin, les premières cartes permettant de colocaliser les principaux aquifères avec les réserves de gaz de schiste. Un millefeuille compliqué, mais qui permettra d’y voir plus clair quant aux risques de contamination par le méthane.

Vaste tâche que celle dont le BGS, chargé d’analyser la complexe géologie insulaire du Royaume-Uni, vient de s’acquitter: en partenariat avec l’EA, l’organisme publie une première cartographie comparée des 6 principales réserves de gaz de schiste et des 11 grands aquifères du pays. Premier constat, 47% de l’eau souterraine surplombe des réserves de gaz.

Dans un pays dont 30% de l’eau potable provient de réserves souterraines, jusqu’à 70% dans le sud-est, ce type de cartographie est d’un intérêt majeur. En particulier afin d’éviter que de futures exploitations de gaz de schiste, qui attisent l’intérêt de l’industrie gazière, ne contaminent les aquifères par du méthane issu de fuites incontrôlées.

S’il ne se risque pas à émettre de recommandations, le BGS se veut plutôt rassurant. L’un des principaux gisements du pays, le bassin de Bowland au nord de l’Angleterre, se situe au minimum à plus de 800 mètres au-dessous des aquifères, du moins sur 92% de sa surface. Autre région très convoitée par l’industrie, celle des South Downs, au bord de la Manche: le gaz de schiste y est au minimum à plus de 650 mètres sous les aquifères.

Un outil de décision

«L’exploitation ne sera pas permise si le gaz de schiste est trop proche des sources d’eau potable, et l’Agence de l’environnement ne permettra pas l’utilisation dans le fluide de fracturation d’additifs chimiques qui engendrent un risque pour l’eau souterraine», assurent le BGS et l’EA. Reste à déterminer la distance minimale de sécurité…

En plus de ces cartes, le BGS a analysé la présence de méthane dans les principaux aquifères britanniques. Son objectif: disposer de données de base qui permettront de suivre d’éventuels changements résultant de l’exploitation des gaz de schiste. Et surtout ne pas se retrouver dans la situation des Etats-Unis, où l’absence de données avant exploitation mine tout effort sérieux de surveillance.

«Aux Etats-Unis, les aquifères de certaines zones où le gaz de schiste est exploité présentent des concentrations très élevées de méthane. Cependant il existe de grandes incertitudes quant aux sources de ce méthane et comment il est arrivé dans l’aquifère», explique le BGS. Avec près de 4.000 échantillons analysés à ce jour sur les grands aquifères, l’organisme vient de lancer une nouvelle campagne de mesures dans le nord-est de l’Angleterre.

A ce jour, Cuadrilla est la seule entreprise à mener des forages d’exploration dans le pays, mais plusieurs entreprises sont sur les rangs (voir le JDLE). Selon le BGS, le sous-sol britannique contiendrait l’équivalent de 4 siècles de consommation au rythme actuel, l’industrie estimant que 10% de ces ressources pourraient être récupérées.



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