Au Pays de Galles, les énergies renouvelables à tâtons

Le 22 août 2008 par Victor Roux-Goeken
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wave dragon
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Région en voie de désindustrialisation, le Pays de Galles a récemment investi le secteur des énergies renouvelables. Malgré sa profusion d'idées, la région peine à accomplir son objectif, pour cause de technologies balbutiantes et de problèmes de réseau.

Le directeur de l’industrie et de l’énergie durables du Pays de Galles, Ron Loveland, ne croit pas à l’atteinte, d’ici 2020, de l’objectif de 15% d’énergie renouvelable (ENR) alloué par la Commission européenne au Royaume-Uni. Cette moyenne nationale est déclinée différemment selon les régions britanniques, compétentes pour les projets énergétiques de capacité inférieure à 50 mégawatts (MW), sauf pour l’éolien offshore. En 2004, la consommation annuelle du Pays de Galles était de 126 TWh. La feuille de route de la région en la matière détermine un potentiel annuel de 31,5 térawattheures (Twh) – soit 25% d’ENR –, sous forme d’électricité et de chaleur, en… 2025.

Le Pays de Galles, qui mise sur les énergies renouvelables à la suite de sa relative désindustrialisation, compte sur la microgénération éolienne, l’éolien terrestre et offshore ainsi que sur la biomasse –incinération de déchets incluse– pour atteindre son objectif. Côté microgénération éolienne, la dernière mode est à la micro-éolienne à axe vertical. Celles de la société Quiet revolution en sont au stade R&D. Fragiles, elles s’arrêtent de tourner au-dessus de 16 mètres par seconde pour éviter la rupture des lames. Et en cas de baisse de la vitesse du vent, elles consomment de l’électricité pour continuer de tourner à la vitesse optimale.

Selon la British wind energy association, rapporte Enerpresse, la banalisation des micro-éoliennes permettrait d’éviter l’émission, au Royaume-Uni, de 2,8 millions de tonnes de CO2 par an. Mais un rapport commandé par Carbon trust à Met Office et Entec (1) conclut que si 10% des foyers britanniques étaient équipés de micro-éoliennes, celles-ci fourniraient 1,5 térawattheure d’électricité chaque année (0,4% de la consommation électrique britannique), ce qui permettrait d’éviter l’émission de 0,6 million de tonnes de CO2. La performance de la microgénération s’améliorera-t-elle avec le tarif d’achat spécifique que compte mettre en place le gouvernement britannique d’ici un ou deux ans?

Martin Cole, développeur d’énergies renouvelables chez NPower renewables, filiale du groupe allemand RWE, juge la microgénération peu efficace. «Les maisons ne sont pas construites dans des zones de vent fort. Et la plupart du temps, elles sont regroupées, ce qui implique de nombreuses turbulences.» La société mise surtout sur la «grande éolienne», terrestre ou offshore.

Des zones de développement éolien terrestre ont bien été délimitées au Pays de Galles, mais elles ne sont pas à proximité du réseau électrique. Autres freins, «la caution de démantèlement réclamée lors de l’étude d’un projet, et gardée même en cas d’annulation», ainsi que «le manque d’infrastructures pour se rendre dans ces zones, lors de la construction des éoliennes». Le Pays de Galles avait pour projet d’atteindre 10% d’électricité renouvelable en 2010, ce qui supposait de construire 800 MW éoliens. «Nous en sommes actuellement à 120, explique Martin Cole. Mais la construction de parcs éoliens offshore totalisant 750 MW est en projet» au nord de la région.

Beaucoup d’espoirs sont aussi fondés sur les technologies marines, qui n’ont pas encore fait leurs preuves à échelle industrielle. Entre énergie des vagues, de la marée, des courants, que choisir? La société danoise Dragon Wave fait des tests au Pays de Galles. Selon elle, un parc de centrales à vagues de 11 unités sur une longueur de 6,25 km a une capacité de 77 MW et occupe 75% de l’espace pris par des éoliennes off-shore, à capacité égale, sans quasi aucun impact visuel. 10 unités devraient être installées d’ici 2010, après le Danemark (2008) et un «champ» de 50 MW au Portugal (2009).




(1) Carbon Trust: organisme indépendant créé par le gouvernement britannique en 2001; Met Office: le «Météo France» anglais; Entec: consultant britannique en énergie et environnement




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