Au Japon, la baleine dépasse les bornes

Le 11 mars 2015 par Romain Loury
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En haut de la chaîne, juste sous les Japonais
En haut de la chaîne, juste sous les Japonais

Au printemps 2014, le Japon a dû se débarrasser de viande de baleine norvégienne en raison de la présence élevée de pesticides, ont révélé deux associations britanniques mardi 10 mars. En cause, le phénomène de bioaccumulation, qui concentre les polluants chez les animaux dominant la chaîne alimentaire.

Entre avril et juin 2014, trois cargaisons de viande de baleine, produits par les entreprises norvégiennes Brødrene Astrup Andreassen et Myklebust Hvalprodukter, se sont avérées non conformes au standard japonais. Les inspecteurs japonais y ont révélé la présence élevée de dieldrine et d’aldrine (0,2 ppm, au lieu de 0,1 ppm pour les deux composés confondus) et de chlordane (0,07 ppm, au lieu de 0,05 ppm).

Si ces trois pesticides organochlorés sont désormais interdits, ils persistent dans l’environnement: dès lors, ils pénètrent dans la chaîne alimentaire, avec des concentrations dangereusement élevées chez les espèces situées à son sommet, dont les baleines, selon le phénomène de «bioaccumulation».

Or la Norvège, l’un des quelques pays qui persiste à massacrer les cétacés, a récemment augmenté ses exportations vers les autres pays consommateurs, eux-mêmes chasseurs, tels que le Japon. Selon l’Animal Welfare Institute et l’Environmental Investigation Agency, les deux associations britanniques qui révèlent cette affaire de pesticides, le pays scandinave en aurait exporté 137 tonnes au Japon ces deux dernières années.

Un risque de Parkinson?

«La Norvège se concentre exclusivement sur les profits de la chasse baleinière. Dès lors, elle ignore les effets sanitaires des produits à base de baleine qu’elle vend à ses propres citoyens ou à ceux d’autres pays», dénonce Susan Millward, directrice de l’Animal Welfare Institute.

Pour Clare Perry, en charge de la campagne océans de l’Environmental Investigation Agency, «le Japon devrait aussi être plus attentif à sa chasse aux cétacés, à l’origine de milliers de tonnes de viande toxique qui engendrent chez le consommateur japonais un risque accru de maladies graves, dont la maladie de Parkinson, l’artériosclérose et le diabète».

La viande importée au Japon consiste principalement en baleine de Minke (Balaenoptera acutorostrata), qui selon les autorités norvégiennes concentre moins de polluants que d’autres espèces, notamment le globicéphale. Plus élevé dans la chaîne alimentaire, ce delphinidé doté de dents est situé plus haut dans la chaîne alimentaire.

En février 2014, l’Institut national de nutrition et de recherche sur les produits de la mer (Nifes) de Norvège y voyait l’explication du taux deux fois plus élevé de maladie de Parkinson dans les iles Féroé par rapport à la Norvège continentale.

D’autres non-conformités dans le passé

Selon les deux associations, cet épisode n’est que le plus récent d’une série de graves non-conformités: en 2009, plusieurs lots de viande de baleine norvégienne avaient été rejetés par les autorités japonaises en raison d’une présence élevée de bactéries. Elles évoquent également la découverte de compléments alimentaires à base d’huile de baleine destinés au marché norvégien, surchargés de PCB et de dioxines.

En 2014, le Japon a subi un revers important devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui lui a interdit de poursuivre son programme Jarpa II mené en Antarctique, prétendument de «recherche scientifique». Non signataires du moratoire mis en place en 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI) sur la chasse commerciale, la Norvège et l’Islande poursuivent cette activité, au grand dam des associations.



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