Au Japon et aux Etats-Unis, le nucléaire fait débat

Le 29 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La centrale US d'Indian Point pourrait prochainement être arrêtée.
La centrale US d'Indian Point pourrait prochainement être arrêtée.

Au Japon, comme aux Etats-Unis, la contestation anti-nucléaire gagne du terrain. Pas forcément pour les mêmes raisons.

De mémoire d’anti-nucléaire japonais, on n’avait jamais vu ça! Mardi 28 juin, a commencé la saison des assemblées générales des grandes compagnies japonaises.
 
L’occasion pour des centaines d’actionnaires de Tepco d’exiger de l’électricien tokyoïte qu’il abandonne l’énergie nucléaire. La proposition n’a pas recueilli suffisamment de suffrages pour être adoptée.
 
La catastrophe de Fukushima Dai-Ichi a, il est vrai, totalement dévalorisé leurs portefeuilles. Ces dernières semaines, le cours de l’action Tepco a perdu 80% de sa valeur. Pis, l’exploitant de Fukushima affiche, pour cette année fiscale, 12.473 milliards de yens (10,7 milliards d’euros) de pertes. Encore de l’inédit, Tepco ne paiera pas le moindre yen de dividendes à ses actionnaires. On comprend qu’ils le prennent mal!
 
Mais l’actionnaire nippon est aussi un citoyen. Et pendant des heures, ces Japonais de la rue ont pilonné de questions la direction de la compagnie: sur la gestion du risque nucléaire, le système d’épuration de l’eau contaminée mis en œuvre dans la centrale accidentée, les mesures anti-tsunami, les dédommagements qui seront attribués aux victimes. Prévue pour durer 3 heures, l’AG s’est déroulée durant plus de 6 heures dans une atmosphère… électrique.
 
Le même exercice attendait les patrons de Chubu Electric. Peu impliqué dans les suites de l’accident, l’électricien de Nagoya a aussi dû défendre son choix nucléaire devant ses actionnaires. Pas moins de 6 motions réclamaient la sortie de l’atome. Aucune n’a été adoptée.
 
Chez Kyushu Electric, 70 actionnaires ont demandé la fermeture de la centrale de Genkai. Ils ont aussi exigé que la compagnie du sud de l’archipel s’engage à ne plus investir dans l’énergie nucléaire.
 
Des exigences semblables attendaient, aujourd’hui, les équipes dirigeantes de Tohoku Electric, Kansai et Chugoku qui tenaient leur AG ce mercredi.
 
A bien des encablures du Japon, la politique fait reculer l’atome. La semaine passée, des conseillers du gouverneur de l’Etat de New York ont indiqué à Entergy le souhait d'Andrew Cuomo de prochainement fermer les deux réacteurs de la centrale nucléaire d’Indian Point.
 
Stupeur de l’exploitant de l’installation qui fournit le quart des électrons consommés par New York. Mais l’ancien ministre de la justice a pris sa décision. Il veut arrêter au plus vite la centrale qui était visée par les terroristes du 11 septembre 2001. Et pour parvenir à ses fins, l’autorisation de prélèvement des eaux de l’Hudson, grâce auxquelles les deux réacteurs à eau pressurisée sont refroidis, ne devrait pas être renouvelée cette année. Mécaniquement, la centrale devrait fermer avant d’atteindre l’échéance de son autorisation fédérale, en 2013 et 2015.
 
Pour continuer à assurer la sécurité de l’approvisionnement électrique de Big Apple, Andrew Cuomo souhaite accroître les importations de courant québécois, majoritairement produit à partir de centrales hydroélectriques. Du courant propre, donc. Hélas, il faudra, pour ce faire, construire des lignes à haute tension. Ce à quoi s’opposent les New-yorkais depuis des années. Pas simple, décidément, de sortir du nucléaire.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus