Au Groenland, les glaciers peu protégés du réchauffement

Le 19 mai 2014 par Romain Loury
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Les glaciers du Groenland, moins résistants que prévu
Les glaciers du Groenland, moins résistants que prévu
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Le Groenland serait plus vulnérable au réchauffement climatique qu’on ne le pensait, et pourrait fortement contribuer à la montée des eaux, selon une étude publiée dans la revue Nature Geoscience.

Selon l’hypothèse jusqu’alors la plus répandue, la fonte du Groenland allait immanquablement subir un fort ralentissement. La raison en était simple: l’eau des océans, en cours de réchauffement, viendrait forcément buter un jour sur le lit rocheux, les glaciers se trouvant ainsi protégés, hors de l’eau –la fonte est beaucoup plus rapide dans l’eau.

Etayé par une étude publiée en mai 2013, ce scénario optimiste vient de s’effondrer avec l’étude publiée par Mathieu Morlighem, géologue à l’University of California à Irvine (au sud de Los Angeles), et ses collègues. S’aidant de données satellitaires de la Nasa, les chercheurs ont réussi à retracer, avec une précision jusqu’alors inégalée, le relief du lit rocheux. Résultat: celui-ci est beaucoup plus profond qu’on ne le pensait, particulièrement sur la frange sud du Groenland.

Les chercheurs ont en effet identifié des vallées glaciaires jusqu’alors inconnues, et dans lesquelles la glace s’enfonce de plusieurs centaines de mètres sous le niveau de la mer, jusqu’à des dizaines de kilomètres à l’intérieur des côtes. Par conséquent, les glaciers ne seront pas à l’abri du réchauffement des eaux dans ces zones méridionales du Groenland, à l’avant-garde du changement climatique.

«Il est probable que les glaciers du Groenland se retirent plus rapidement et plus loin à l’intérieur des terres, et pendant plus longtemps, selon cette nouvelle topographie que nous avons découverte sous la glace. Ceci a des implications majeures, parce que la fonte des glaciers contribuera bien plus à la montée globale des eaux», explique Mathieu Morlighem dans un communiqué de l’université.

Si les chercheurs ne se risquent pas à calculer l’ampleur de la fonte, ils notent que parmi les 123 glaciers ayant une façade maritime, les 60 les plus importants (88% de l’eau) plongent jusqu’à 300 mètres sous le niveau de la mer.

De l’autre côté du globe, la situation en Antarctique n’est guère plus brillante, selon une étude récemment publiée par la même équipe (voir le JDLE). Menée sur les glaciers de la partie ouest du continent, ceux bordant la mer d’Amundsen, elle révèle une fonte plus rapide qu’on ne l’avait prévu.



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