Au fond de la vallée, l’air n’est pas frais

Le 29 février 2012 par Stéphanie Senet
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Les fonds de vallée vont faire l'objet d'études approfondies
Les fonds de vallée vont faire l'objet d'études approfondies

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a présenté, le 28 février, une étude intéressante sur la qualité de l’air dans des villages ruraux, dans le cadre du programme Particul’air. L’investigation a été menée entre mars 2009 et février 2010 au sein de 9 petites communes, situées dans 8 régions différentes, en partenariat avec le CNRS et 8 associations de surveillance de la qualité de l’air.

Alors que la pollution de l’air est mieux connue au sein des grandes métropoles françaises, où les valeurs-limites de particules PM10 et de dioxyde d’azote (NO2) sont souvent dépassées, la situation est-elle meilleure dans les campagnes? La réponse est globalement positive. Les mesures de polluants réglementés, c’est-à-dire les PM10, les PM2,5, le benzopyrène (un polluant cancérigène) et les métaux lourds montrent en effet que les concentrations sont au-dessous des valeurs-limites fixées par l’Union européenne, exception faite d’un site. Lescheraines, un village savoyard de 700 habitants, niché au fond d’une vallée alpine, dépasse les valeurs-limites de particules et de benzopyrène, avec des résultats 10 fois supérieurs aux autres communes. Le détail de la caractérisation chimique précise que ces émissions sont dues à la combustion du bois, c’est-à-dire qu’elles proviennent du chauffage domestique au bois et du brûlage des déchets verts (par les artisans et les particuliers).

L’impact de la biomasse sur la qualité de l’air est connu à l’échelle nationale. Sa combustion à des fins de chauffage représente en effet 21% des émissions totales de particules PM10, 34% des PM2.5 et 66% des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), selon l’inventaire 2009 du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa). Mais Lescheraines dépasse largement ces moyennes puisque la combustion de biomasse y représente 88% des poussières totales, 80% des émissions de PM10 et 82% des émissions de PM2,5. L’Ademe recommande donc de mettre en place des programmes d’action adaptés afin d’y améliorer la qualité de l’air. Il faut d’ailleurs rappeler que le brûlage des déchets à l’air libre est interdit en France depuis la circulaire du 18 novembre 2011.

«On a vraiment été surpris par la différence entre les situations en fond de vallée et en plaine. Sachant que Lescheraines n’est pas un cas particulier, on peut s’intéresser à tous ces villages où l’on brûle du bois en fond de vallée», a commenté Agnès Hulin, de l’Atmo Poitou-Charentes, qui a coordonné l’étude.

A l’Ademe, Joëlle Colossio, chef du service Evaluation de la qualité de l’air, estime que l’étude ne remet pas en question l’utilisation du bois comme source d’énergie, mais elle montre qu’il faut l’accompagner de bonnes pratiques, comme le passage à un insert fermé bénéficiant d’un label Flamme verte 5 étoiles, permettant de réduire la consommation de bois et l’émission de particules.

Sur un plan général, l’étude identifie les sources principales d’émission de polluants. Ainsi, le secteur agricole émet en moyenne deux tiers des poussières et rejette surtout de grosses particules (dont le diamètre est supérieur à 10 micromètres -μm) à hauteur de 79% en moyenne. Les particules les plus fines sont dues au secteur résidentiel, qui est responsable de 55% des émissions de PM2,5, en raison de la combustion de biomasse pour le chauffage. Le transport routier n’émet que peu de particules (10%), et essentiellement des PM2,5.



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