Au Brésil, des agriculteurs mécontents de leurs OGM

Le 30 juillet 2014 par Romain Loury
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Au Brésil, Spodoptera frugiperda fait de la résistance
Au Brésil, Spodoptera frugiperda fait de la résistance
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Les cultivateurs de maïs du Mato Grosso, province du l’ouest du Brésil, sont en colère contre les entreprises semencières. Motif: leurs produits, porteurs du gène insecticide Bt, ont perdu toute efficacité contre leurs parasites.

Trop d’OGM tue l’OGM, et le Brésil en fait l’amère expérience. Selon l’Association des producteurs de soja et de maïs du Mato Grosso (Aprosoja-MT), le maïs Bt y serait devenu résistant au principal parasite présent dans le pays, la chenille de Spodoptera frugiperda (noctuelle américaine du maïs).

Ce qui aurait poussé les producteurs à redoubler leurs épandages de pesticides. Dans un courrier envoyé aux quatre principaux semenciers (Monsanto, DuPont, Dow et Syngenta), l’association leur demande le remboursement de ces traitements, théoriquement inutiles avec un maïs Bt opérant.

Selon l’agence de presse Reuters, les entreprises affirment avoir conseillé aux producteurs de planter une partie de leur champ avec des semences standard, afin d’éviter l’émergence de résistances chez les parasites.

Interrogé à ce sujet par Reuters, le président d’Aprosoja-TM, Ricardo Tomczyk, déclare au contraire que les compagnies n’ont donné aucune consigne claire à ce sujet. De plus, «il y a très peu de semences non-OGM disponibles» dans le pays, ajoute-t-il, jugeant «très désagréable» d’entendre les compagnies rejeter la faute sur les producteurs.

«Nous souhaitons que les entreprises nous apportent une solution rapide pour les pertes occasionnées, ainsi qu’un moyen de dédommager les producteurs lésés», déclare Ricardo Tomczyk dans un communiqué. Selon lui, «il s'agit là du cas typique d’un produit qui promet un résultat au final jamais obtenu, c’est-à-dire de la publicité mensongère».

En Inde, les OGM sous pression

Au-delà du Brésil, les semenciers traversent également une mauvaise passe en Inde, où des associations nationalistes ont fait pression, mardi 29 juillet, sur le ministre de l’environnement Prakash Javadekar afin qu’il mette fin aux essais d’OGM en champ. En cause, le coût environnemental dépasserait tout bénéfice potentiel en matière de rendement, qui reste d’ailleurs à démontrer.

Très à l’écoute des milieux nationalistes, le nouveau gouvernement de Narendra Modi, en place depuis fin mai, affirme n’avoir pris aucune décision à ce sujet, selon le quotidien indien The Economic Times. Ce qui n’a pas empêché les actions de Monsanto India de perdre 14,4% de leur valeur depuis cette rencontre.



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