Atténuer le méthane: une opportunité selon les Etats-Unis

Le 20 juillet 2007 par Agnès Ginestet
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Lors d'une conférence à Paris, le 12 juillet, Christa Clapp, économiste à la division changement climatique de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) américaine, a exposé les travaux menés aux Etats-Unis sur les divers gaz à effet de serre.

Dans la famille des gaz à effet de serre, on parle beaucoup du CO2, et on oublie souvent les autres comme le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O) ou encore les hydrofluorocarbures (HFC). «Les gaz à effet de serre autres que le CO2 proviennent de secteurs très variés: l'énergie, l'industrie, l'agriculture, et les déchets», explique Christa Clapp. L'EPA s'occupe particulièrement du méthane, notamment généré par la culture du riz et les mines de charbon, qui a un pouvoir de réchauffement environ 22 fois supérieur au CO2 mais dont les quantités émises sont très inférieures.

«Il existe un panel large d'options d'atténuation des gaz à effet de serre autres que le CO2», explique Christa Clapp, ajoutant que «les coûts d'atténuation sont inférieurs à ceux qui sont liés au CO2». Dans un rapport publié en juin 2006 (1), l'EPA a défini le potentiel de réduction des émissions de ces gaz par secteur économique et par région. Ce travail s'appuie sur celui d'un groupe spécialisé dans la modélisation de l'énergie à l'université de Stanford (EMF-21). Les secteurs de l'agriculture et de l'énergie sont les plus propices à l'atténuation de ces gaz, le méthane étant celui qui a le potentiel d'atténuation le plus important. «La Chine, les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil en sont les plus gros producteurs et ce sont donc aussi les pays qui sont les plus propices à l'atténuation», précise Christa Clapp. Les projections de l'EPA pour 2020 montrent que les émissions liées aux déchets devraient se maintenir car les efforts sur le contrôle des décharges et le recyclage seront annulés par l'accroissement de la population. Les gaz générés dans les domaines de l'énergie, de l'industrie et de l'agriculture devraient quant à eux augmenter avec la population et la hausse de la consommation énergétique par habitant.

Aux Etats-Unis, l'EPA travaille avec le Global Trade Analysis Project de l'Université de Purdue pour constituer une base de données des émissions de ces gaz. Mais malgré l'existence de techniques d'atténuation, les projets sur le terrain restent limités, selon Christa Clapp. Des obstacles comme le manque de prise de conscience par les personnes concernées des niveaux d'émissions et la carence d'information sur les technologies disponibles sont constatés. Des programmes basés sur le volontariat sont toutefois en place aux Etats-Unis, comme par exemple l'AgSTAR Program qui encourage la production de biogaz dans le cadre des élevages. Selon l'EPA, ces programmes ont permis de réduire les émissions de méthane de 11% par rapport à leur niveau de 1990, et elle espère les maintenir en-dessous du niveau de 1990 à l'avenir.



Au niveau international, l'initiative appelée «methane to markets», lancée en 2004 à Washington D.C., fait la promotion des opportunités de récupération et d'utilisation du méthane, à travers de partenariats entre pays dits «développés» et pays «en développement». Une réduction de 5 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an est attendue dans le cadre des projets en cours. Un forum sur cette initiative aura lieu à l'automne, à Beijing (Pékin).





(1) Global mitigation of non-CO2 greenhouse gases, US EPA, June 2006




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