Attention aux produits de construction verts

Le 30 mai 2006 par Christine Sévillano
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Les fabricants de produits de construction mettent en garde les professionnels contre les produits dits écologiques. Ils rappellent que des fiches détaillant les performances environnementales et économiques existent pour certains produits.

L'Association des industries de produits de construction -dite AIMCC- qui regroupe une grande majorité de fabricants de produits de construction (sauf équipements électroniques), fait actuellement une campagne d'alerte des professionnels de la construction sur les produits dits écologiques sans fondement. «La performance environnementale repose sur une analyse multicritère. En effet, quand le produit est mis en oeuvre dans l'ouvrage, les impacts diffèrent, ce qui n'est pas le cas d'un produit de consommation courant», explique Patrick Ponthier, le délégué général de l'AIMCC. Pour présenter les caractéristiques écologiques de leurs produits, les fabricants réalisent des fiches de déclarations environnementales et sanitaires (FDES), des documents effectués à partir de la norme NF P 01-010 homologuée en décembre 2004. Un outil essentiel pour les constructions en haute qualité environnementale (HQE). Il s'agit plus précisément de tableaux de chiffres qui s'appuient sur des analyses de cycle de vie, détaillant les impacts des produits de leur naissance à leur fin de vie. Ces fiches donnent des informations non seulement sur la composition des produits, mais aussi sur les points d'éco-conception. De nombreux critères doivent être indiqués selon la nature des produits, comme l'utilisation de ressources naturelles, la consommation énergétique, le confort acoustique et visuel, les émissions de CO2 ou la présence de substances chimiques. Les entreprises se font souvent épauler dans ces démarches par des consultants spécialisés.

La plupart des FDES sont présentées dans la base Inies gérée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et soutenue par l'ensemble des acteurs représentatifs de la construction et des ministères compétents. «Nous estimons que ceux qui déclarent leurs produits sains et écologiques sans passer par la déclaration environnementale ne sont pas des fabricants sérieux. Et même s'ils ne sont pas nombreux, ce sont eux dont on parle le plus», poursuit Patrick Ponthier qui cite l'exemple de certains producteurs de matériaux qui utilisent du chanvre, de la laine de mouton ou d'autres isolants. Aucune réglementation n'oblige aujourd'hui les fabricants à établir ces fiches, cette pratique procède d'une démarche volontaire. Et ce même si le Plan national santé-environnement (PNSE) fixe un objectif de 50% de déclarations environnementales pour informer le public d'ici 2009. S'il est difficile de savoir combien de fiches ont déjà été réalisées (toutes ne sont pas encore sur Inies), l'AIMCC estime que 61 familles de produits disposent déjà d'informations environnementales et sanitaires. Certaines sont collectives et d'autres individualisées. «C'est un effort non négligeable car une analyse de cycle de vie coûte entre 100.000 et 150.000 euros pour une famille de produits. Mais nous devons suivre ce mouvement qui m'apparaît irréversible, c'est un argument commercial. Les petits fabricants vont sans doute dire qu'ils n'ont pas les moyens d'en faire, mais l'Etat devrait les aider à accéder à cet outil», affirme le délégué général qui ne souhaite pas voir une nouvelle réglementation obliger les producteurs à faire des FDES.

Tous les types de produits ne sont pas couverts de la même façon, les fiches sont nombreuses pour des produits comme le béton prêt à l'emploi et l'ensemble des matériaux lourds comme les laines minérales, mais moins répandues pour les équipements hydrauliques, sanitaires ou thermiques. La raison: les composants y sont plus nombreux, et donc les impacts plus délicats à identifier. En outre, étant donné que les fiches sont rédigées par les industriels eux-mêmes, la question de leur valeur peut être posée. Certes, un programme de vérification est en cours de mise en place par l'Afaq-Afnor, mais dans quel cadre les erreurs seront-elles relayées aux professionnels du BTP?

Point positif: ces fiches vont certainement inciter les fabricants à s'orienter vers davantage d'éco-conception, à faire appel à des techniques de production et des matériaux respectant davantage l'environnement. Même si cela ne suffit pas, car l'exploitation des produits, qui ne dépend plus d'eux, représente 80% de l'impact environnemental.




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