Atlantique: forte recrudescence de dauphins échoués

Le 21 mars 2019 par Stéphanie Senet
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Déjà 1.000 petits cétacés se sont échoués sur le littoral atlantique depuis janvier 2018
Déjà 1.000 petits cétacés se sont échoués sur le littoral atlantique depuis janvier 2018
FNE

1.100 petits cétacés, essentiellement des dauphins communs, se sont échoués sur les côtes atlantiques depuis le début de l’année. Du jamais vu selon l’observatoire Pelagis.

Triste record sur le littoral atlantique. 1.100 petits cétacés ont été retrouvés morts depuis le 1er janvier, selon l’observatoire Pelagis (Université de La Rochelle–CNRS[1]) en charge du comptage des échouages. 90% d’entre eux sont des dauphins communs (Delphinus delphis), les autres sont des dauphins bleus et blancs (Stenella coeruleoalba), des grands dauphins (Tursiops truncatus) et des marsouins communs (Phocoena phocoena). «C’est tout à fait exceptionnel. Au total, nous en avions dénombré 908 pour l’année 2017 et 900 en 2018», commente Hélène Peltier, chercheure à Pelagis. «Ce résultat est largement supérieur à la moyenne enregistrée au cours des 40 dernières années», poursuit-elle.

Marques de filets de pêche

Pas facile pour autant de déterminer leurs causes précises. «90% des animaux portaient des traces de captures accidentelles dues aux filets de pêche dans lesquels ils s’asphyxient. Cet essor est sans doute dû à des changements de pratiques de pêche plutôt qu’à un type d’engin particulier, ainsi qu’à une hausse de certains quotas de pêche, comme celui concernant le merlu, dont les dauphins représentent des prises accessoires», analyse Hélène Peltier.

Tendance inquiétante

Ces pertes sont en tout cas énormes au regard de la population totale de dauphins, estimée par l’observatoire à 200.000 individus [2] vivant dans le golfe de Gascogne, la Manche Ouest et une petite partie de la mer Celtique. Les mammifères échoués sont le plus souvent des adultes matures, en pleine période de reproduction, «ce qui s’avère très préoccupant pour l’avenir de l’espèce», note la chercheure de Pelagis. Ils ont surtout été observés en Vendée et en Charente-Maritime, et dans une moindre mesure en Gironde et dans les Landes.

L’océan Atlantique n’est pas le seul touché. «Nous observons aussi de nombreux échouages de marsouins en Manche mais de façon plus étalée tout au long de l’année. Dans l’absolu, leur nombre est moins important mais en proportion de la population, il est similaire aux dauphins de l’Atlantique», précise Hélène Peltier.

A la recherche de solutions

Au chapitre des solutions, des répulsifs acoustiques, dits ‘pingers’, ont montré leur efficacité pour les seuls chaluts pélagiques, en réduisant de 65% les prises accidentelles, selon une expérimentation menée par les Pêcheurs de Bretagne en collaboration avec l’Ifremer et Pelagis (lire l’article du JDLE).

A partir de mai, le projet Licado[3] va s’intéresser à d’autres types de dispositifs, pouvant notamment être utilisés par les fileyeurs. Un projet né du groupe de travail national installé en 2017 par les ministères de la transition écologique et de la pêche.

«Ce n’est qu’une partie de la réponse. Il faudrait aussi étudier plus précisément ce qui se passe à bord des navires de pêche, et en particulier les fileyeurs, en multipliant les observateurs et les caméras. Un système qui a fait ses preuves aux Etats-Unis où des zones de pêche sont fermées quasiment en temps réel lorsqu’un grand nombre de prises accidentelles sont observées sur les bateaux», conclut Hélène Peltier.

 

 



[1] Centre national de la recherche scientifique

[2] Avec une marge d’erreur de 25%

[3] Limitation des captures accidentelles de dauphins

 



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