Atlantique du Nord-Est: la surpêche toujours à flot

Le 10 octobre 2018 par Stéphanie Senet
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La fin de la surpêche reportée à 2023 par la commission Pêche du Parlement européen
La fin de la surpêche reportée à 2023 par la commission Pêche du Parlement européen

 

La commission Pêche du Parlement européen a envoyé un signal très négatif, le 9 octobre, en proposant de reporter de trois ans la fin de la surpêche dans les eaux occidentales de l’UE.

C’est la première fois qu’une telle atteinte à la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) est votée. Le coup a été porté par les eurodéputés de la commission Pêche lors du vote du plan pluriannuel pour les eaux occidentales, principalement la zone Atlantique Nord-Est. Alors que la PCP vise la fin de la surpêche au plus tard en 2020, pour permettre aux stocks de se reconstituer, un amendement du président français de la commission Alain Cadec a reporté cet objectif à 2023. Huit pays sont directement concernés. L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Irlande, les Pays-Bas, le Portugal, et le Royaume-Uni y pêchent morue, aiglefin, plie, sole, merlu et langoustine. Soit 368.000 tonnes de prises autorisées en 2017.

 

Une mémoire de poisson rouge

«Certains eurodéputés ont une mémoire de poisson rouge. La gestion durable de nos ressources halieutiques est une obligation légale depuis 2014 et cela doit être fait avant 2020. A ce rythme, cela ne se produira pas», réagit Lasse Gustavsson, directeur exécutif de l’ONG Oceana en Europe. Selon lui, 40% des stocks de cette zone de pêche sont aujourd’hui surexploités.

Contraire à la PCP, cette dérogation est aussi discriminatoire par rapport aux autres pêcheurs puisque les plans pluriannuels visant notamment la Baltique, intègrent bel et bien l’objectif de 2020.

Prochaine étape: ce plan doit être soumis au vote du Parlement réuni en session plénière, qui peut rétablir l’objectif de la PCP. Ensuite, les négociations finales débuteront avec le Conseil de l’UE. Son adoption finale est prévue pour 2019.

 

En eaux profondes / Bruxelles a proposé, le 9 octobre, ses totaux admissibles de capture (TAC) en 2019 et 2020 pour les espèces en eaux profondes de l’Atlantique du Nord-Est. Des espèces particulièrement sensibles en raison de leur arrivée tardive à maturité. Les TAC sont en baisse pour le béryx, le sabre noir ainsi que le grenadier de roche dans la plupart des zones. En revanche, des hausses sont accordées à la dorade rose autour des Açores (contre l’avis des scientifiques) et au grenadier de roche dans les eaux occidentales australes. La pêche de l’hoplostète reste interdite. Celle des requins des grands fonds n’a pas été tranchée. Le débat continue.
 



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