Asthme infantile: les piscines chlorées mises en cause

Le 10 octobre 2007 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Pool
Pool

Un chercheur belge estime que les pouvoirs publics des pays développés devraient prendre des mesures pour diminuer l'utilisation de chlore dans les piscines.

Une histoire de hasard. «Au tout début des années 2000, l'équipe d'Alfred Bernard, directeur de recherche à l'université catholique de Louvain, travaillait sur la pollution atmosphérique, et plus précisément sur les lésions du poumon profond. Elle voulait comparer l'état des poumons d'enfants ardennais (milieu rural) avec celui d'enfants bruxellois (milieu urbain). Surprise: l'appareil respiratoire des premiers est en moins bon état que celui des seconds, alors qu'ils respirent un air plus pur. «Finalement, je me suis rendu compte par hasard que les Ardennais avaient l'obligation d'aller à la piscine, au contraire des Bruxellois qui fréquentaient une école catholique où ce sport n'est pas obligatoire», explique Alfred Bernard. Depuis, ce chercheur se consacre au lien entre chlore et asthme.

Financés par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), ses derniers travaux portent sur la comparaison entre deux groupes d'adolescents belges (847 cas): le premier pratique la natation dans une piscine chlorée, la seconde dans une piscine non chlorée, désinfectée par un système d'ionisation cuivre-argent. «A ce stade, les résultats montrent que les produits de chloration en piscine exercent un effet adjuvant sur le développement des affections allergiques (asthme, rhume des foins et rhinite allergique), même en l'absence d'antécédents familiaux», note le chercheur. Chez les sujets sensibilisés (1) le risque relatif d'asthme diagnostiqué par un médecin augmente de 1 à 2% pour chaque heure passée en piscine. «En revanche, les sujets ayant fréquenté la piscine cuivre-argent ont quatre fois moins de risque d'être asthmatique que le reste de la population et aussi deux fois moins de risque de souffrir d'un rhume de foin ou d'une rhinite allergique», précise le scientifique.

L'étude montre également un risque supérieur dans le cas de piscines ouvertes plutôt que fermées. Un résultat qui semble en contradiction avec le fait que ce n'est pas l'eau avalée par les nageurs qui favorise l'apparition de l'asthme, mais l'air respiré, pollué par la présence de composés chlorés irritants, plus concentrés en milieu confiné. «Mon hypothèse est que les propriétaires, souvent privés, des piscines ouvertes mettent beaucoup plus de chlore que dans les piscines fermées», indique Alfred Bernard.

Pour lui, la France et la Belgique devraient favoriser les traitements alternatifs au chlore et baisser la norme en chloramines. Et des campagnes devraient être menées pour éviter la surchloration des piscines ouvertes. «L'Allemagne a pris de telles mesures», insiste le chercheur belge.

En France, l'asthme touche environ 10% des enfants et 5% des adultes. 1.500 décès attribuables à l'asthme ont été recensés en 2002, selon les données de l'Institut de veille sanitaire (InVS). Une telle épidémie est observable dans la grande majorité des pays développés.



(1) Aux aéroallergènes ou avec des immunoglobulines de type E (IgE) sériques supérieures à 25 kUl/l, c'est-à-dire des anticorps essentiels à la réaction allergique. Très importants dans la cascade allergique, ils sensibilisent l'organisme à ces allergènes.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus