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Asthme: doublement des cas depuis 20 ans

Le 22 mars 2006 par Ludivine Hamy
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embouteillages bis
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Le salon de la médecine, Medec, organisé du 14 au 17 mars à Paris, a consacré cette année une journée à la thématique «Santé et Environnement». L’occasion de faire le point sur l’impact de la pollution atmosphérique, notamment d’origine automobile, sur la santé.

Le professeur Alain Grimfeld, chef du service de pédiatrie-pneumologie et allergologie de l'hôpital Trousseau à Paris, est catégorique. «La santé de nos enfants est en danger du fait de la pollution de l'air, notamment la pollution liée aux transports.» Une récente étude menée en France, en Autriche et en Suisse a montré que, dans ces 3 pays, 40.000 personnes meurent chaque année des effets de la pollution atmosphérique. A elle seule, la pollution automobile est responsable de la moitié de ces décès (20.000 personnes), ainsi que de 25.000 nouveaux cas de bronchite chez l'adulte et de 16 millions d'arrêts de travail. En France, en 20 ans, les professionnels de la santé ont constaté un doublement des cas d'asthme et d'allergie. Or, on sait aujourd'hui que la pré-exposition au dioxyde d'azote (NO2) accroît la sévérité des poussées d'asthme induites par les infections virales. «La pollution atmosphérique n'est pas le seul facteur mais un co-facteur amplificateur des réactions allergiques. Ainsi, en Ile-de-France, il vient s'ajouter aux infections virales qui durent environ 6 mois par an», souligne Alain Grimfeld.

Sur le court terme, l'exposition aux principaux polluants atmosphériques (oxyde d'azote -NO-, ozone -O3-, particules fines) engendre une augmentation du nombre de bronchites, otites et angines, même en dehors des pics de pollution. Sur le long terme, les effets de la pollution se manifestent essentiellement par la détérioration de la fonction respiratoire et par le déclenchement de nouveaux cas d'asthme chez les enfants exposés avant l'âge de 3 ans. En outre, plusieurs études tendent à faire penser que l'exposition aux particules fines (PM-2,5), produites notamment par les moteurs diesel, pourrait causer des troubles du développement neuro-comportemental et immunitaire, l'atteinte du système nerveux se faisant par les nerfs olfactifs.

Il existe des actions de prévention pour limiter la morbidité liée à la pollution de l'air, mais elles s'avèrent lourdes. Le premier niveau d'action consiste à améliorer la qualité de l'air en situation de veille et d'alerte. Les pouvoirs publics disposent, pour ce faire, de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (1) qui instaure notamment les plans de déplacements urbains (PDU) et améliore la prise en compte de l'environnement dans les politiques d'urbanisme (titre VI). A un deuxième niveau, il convient d'assurer un traitement de fond de l'asthme, grâce à la prise en charge médicale des personnes souffrant d'asthme de manière chronique, et de protéger la population lors des pics de pollution. Enfin, quand la situation s'avère vraiment critique, il est souhaitable de prescrire des traitements médicamenteux par anticipation aux personnes les plus fragiles et de multiplier les traitements anti-oxydants.



(1) Loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie, publié au J.O n° 1 du 1er janvier 1997




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