Asthmatiques et cardiaques, méfiez-vous du 14 juillet

Le 06 juillet 2015 par Romain Loury
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Moins risqué à la télé
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Tirés lors des grandes festivités, les feux d’artifice peuvent entraîner blessures, brûlures et incendies. Ce n’est pas tout: ils accentuent fortement la pollution de l’air, notamment en particules PM2.5, révèle une étude américaine publiée dans la revue Atmospheric Environment.

Bronches sensibles, s’abstenir. Selon une étude menée par des chercheurs de la Noaa [1] et de l’université du Maryland, les feux d’artifice, tirés en masse lors du 4 juillet américain et du 14 juillet français, feraient grimper en flèche la pollution de l’air. A des niveaux tels que des effets sanitaires semblent probables.

Sur les 315 sites américains analysés entre 1999 et 2013, la teneur atmosphérique en PM2,5 oscille en moyenne entre 11 et 14 microgrammes/mètre cube (µg/m3) d’air au cours des premiers jours de juillet. Or dès le tir des feux d’artifice, elle s’élève en moyenne de 21 µg/m3 entre 21h et 22h, pour ne retomber à une valeur normale que le 5 juillet à midi.

Calculée sur une période de 24h, la teneur en PM2,5 connaît ainsi une augmentation de 42% par rapport aux jours précédents. Elle atteint ainsi 17 µg/m3, soit la moitié de la valeur réglementaire fixée par l’Agence américaine de protection de l’environnement, de 35 µg/m3 pour une période de 24h. Parmi les 315 sites, 10 dépassent même ce seuil, notent les chercheurs.

Des pointes à 500 µg/m3

Selon eux, l’effet réel, à savoir celui ressenti par les spectateurs, serait bien plus élevé, compte tenu de la distance entre le point de tir et la station de mesure de qualité de l’air, parfois très éloignée.

Cas probablement plus représentatif, celui de la ville d’Ogden, dans l’Utah: la station y étant particulièrement proche des festivités, les chercheurs y ont mesuré une teneur en PM2,5 de 500 µg/m3 vers 22h, et de 61 µg/m3 sur une moyenne de 24 h -une hausse de 370% par rapport aux jour précédents.

L’effet est probablement loin d’être négligeable, si l’on compare ces chiffres à ceux d’une étude française, le Programme français de surveillance air et santé (Psas). Selon les calculs de l’Institut de veille sanitaire (InVS), toute hausse de 10 µg/m3 de la teneur atmosphérique en PM2,5 accroît à court terme le taux de mortalité de 1,5%, voire de 2,8% pour les seules causes cardiovasculaires, tous âges confondus.

Pour Dian Seidel, chercheur à la Noaa et co-auteure de l’étude, «ces résultats permettront d’améliorer les prévisions de qualité de l’air, qui à ce jour ne tiennent pas compte des feux d’artifice comme source de pollution. Elle permettra aussi de faire prendre conscience de ce risque aux personnes qui sont particulièrement sensibles aux effets des particules fines».

Le phénomène a également été décrit à Paris. En juillet 2012, Airparif notait ainsi, sur sa station place de l’Opéra, un maximum de 324 µg/m3 de particules PM10 peu après minuit, tandis que d’autres stations parisiennes affichaient un taux d’environ 20 µg/m3 au même moment. Deux heures plus tard, la situation était revenue à la normale.

[1] Administration américaine en charge de l’atmosphère et des océans



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