Assises de l’eau: les élus veulent élargir le débat

Le 04 juin 2018 par Stéphanie Senet
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Pour les élus, les fuites des réseaux sont indissociables de la protection de la ressource en amont
Pour les élus, les fuites des réseaux sont indissociables de la protection de la ressource en amont

Avec près de 2.500 contributions, la consultation organisée entre le 27 avril et le 25 mai se résume à un appel des collectivités à ne pas se focaliser sur les fuites des réseaux.

Vue par le ministère, cette consultation a fait émerger «le besoin d’accompagnement de l’Etat» qu’ont les élus (70% des répondants sont des maires) et «la nécessaire simplification des procédures», en vue de moderniser les réseaux d’eau et d’assainissement. La situation n’est pas encore désespérée. 87% des collectivités estiment que l’état de leur service est bon, 12% affirmant que la qualité du service se dégrade.

 

Recherche financement

Logiquement, les élus ne veulent pas faire porter le poids de la réforme sur le dos des citoyens alors que l’Hexagone affiche un taux de rendement de 79,6% et qu’1 litre sur 5 se perd dans les réseaux. 61% d’entre eux estiment que le prix de l’eau est juste mais pour 22% des répondants, il n’est pas suffisant pour faire face aux besoins d’investissement. 19% des répondants estiment aussi qu’il est trop cher, selon le communiqué du ministère de la transition écologique.

 «Nous avons donné notre accord pour un partenariat financier entre les agences de l’eau et la Caisse des dépôts pour une injection de 2 milliards d’euros censés financer le plan d’action ministériel», explique au JDLE André Flageolet, en charge du dossier à l’Association des maires de France (AMF).

 

Petit et grand cycle à la fois

Vue par les élus, cette consultation a révélé un autre problème majeur: le saucissonnage incohérent du débat. «Les Assises de l’eau ne doivent pas se focaliser sur les fuites des tuyaux. L’objectif absolu c’est de protéger la ressource», recadre le représentant des élus. Initialement, les ressources en eau avaient été reléguées dans la deuxième partie des Assises, organisée d’août à novembre dans l’Hexagone, la première partie étant concentrée sur les réseaux d’eau et d’assainissement. «Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu nous a écoutés et a fait évoluer la composition du comité de pilotage pour intégrer les comités de bassin et les agences de l’eau dès ce mois-ci. La distinction entre le petit et le grand cycle de l’eau n’a plus de raison d’être», note André Flageolet.

Selon l’élu, la future enveloppe devrait donc à la fois financer les réseaux, l’amélioration de la qualité de l’eau, les nouvelles pratiques agricoles et la désimperméabilisation… Le plan d’action présenté le 17 juillet par le ministère risque pourtant de rester focalisé sur la modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement.

 



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