Aspartame: rien à (re)dire, pour l’Efsa

Le 16 janvier 2013 par Romain Loury
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Pas de problème de toxicité de l'Aspartame, affirme l'Efsa.
Pas de problème de toxicité de l'Aspartame, affirme l'Efsa.

L’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) réaffirme la sécurité de l’aspartame, un cheval de bataille de plusieurs associations, dans un avis préliminaire publié le 8 janvier.

Circulez, il n’y a vraiment rien à voir: tel est le message (re)lancé par l’Efsa dans sa première réévaluation complète de l’édulcorant, dont un avis préliminaire vient d’être rendu public. Au vu de l’ensemble des études analysées, l’aspartame et ses produits de décomposition «ne posent [selon elle] pas de problème de toxicité pour les consommateurs aux niveaux actuels d’exposition».

Rien de bien surprenant dans cette conclusion: en février 2011, l’Efsa avait déjà opposé une fin de non-recevoir à deux études publiées en 2010, brandies par les anti-aspartame comme preuves d’une toxicité. Réalisée par l’Institut Ramazzini (Bologne, Italie), la première, menée sur des rats, mettait en évidence un risque cancéreux. La seconde, danoise, suggérait un risque d’accouchement prématuré, au terme d’une analyse de 60.000 femmes enceintes.

Pour l’Efsa, qui émet des réserves sur la méthodologie employée dans les deux études, il n’y a pas de quoi remettre en cause la dose journalière admissible (DJA), de 40 milligrammes par kilo de poids corporel. La Commission européenne s’était en revanche montrée circonspecte, demandant en juin 2011 à l’autorité de procéder à la réévaluation complète de l’édulcorant, initialement prévue pour 2020 (voir le JDLE).

Autorisé en 1981 par la Commission européenne (en 1988 en France), l’aspartame a été évalué pour la première fois en Europe en 1984, puis en 1988, en 1997 et en 2002 par le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) de la Commission. Créée en 2002, l’Efsa a publié trois avis suite à de nouvelles études scientifiques (2006, 2009, 2011), mais sans évaluation complète.

Soumis à consultation publique en ligne jusqu’au 15 février, l’avis préliminaire fera ensuite l’objet d’une réunion avec les parties intéressées afin de débattre des diverses contributions. L’avis final sera publié en mai.

Dans un avis relatif à l’aspartame chez les femmes enceintes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a pour sa part estimé en juin 2012 que l’édulcorant ne présentait pour elles aucun bénéfice et que le risque était incertain (voir le JDLE). Un autre avis sur la population générale est prévu dans l’année.

[1] Comme auparavant, la seule réserve s’applique aux personnes souffrant de phénylcétonurie, maladie génétique conférant à la phénylalanine (un acide aminé présent dans l’aspartame) une forte toxicité pour le cerveau. Raison pour laquelle l’étiquetage des produits comportant de l’aspartame porte la mention «contient une source de phénylalanine».



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